« le fou n'est pas celui qui a perdu la raison. le fou est celui qui a tout perdu excepté la raison. » G. K. Chesterton
Et si le fou était en réalité celui qui avait retrouvé toute sa raison ? Celui qui s'était extrait d'une longue léthargie et qui, soudainement, se rendait compte que l'injustice, la corruption et le mal ne pouvaient pas gagner ? Comme si nous étions tous endormis dans ce monde tandis que lui avait enfin ouvert les yeux ?
On ne sait jamais vraiment si Dylan est cinglé ou incroyablement lucide. Après une tentative de suicide ratée, un démon lui apparaît et lui explique qu'il doit rendre justice lui-même, sinon il va mourir... Trouver un sens à sa vie en donnant la mort.
Outre un graphisme très soigné, c'est aussi la narration qui se révèle complètement happante. On ne suit pas une logique linéaire mais celle, plus chaotique, du héros qui nous parle directement, nous transformant ainsi en témoins de ses choix. Témoins, puis complices. Cela rend l'ensemble dynamique, mais aussi intrigant, puisqu'on cherche parfois à comprendre comment on est passé d'une planche à l'autre. Un véritable tour de force d'écriture qui maintient le lecteur en haleine du début à la fin. Cette dimension méta et les différentes thématiques abordées donnent au récit une profondeur qui dépasse largement le simple thriller fantastique.
Donc on a : une bonne histoire avec du suspense, de l'action, une bonne ambiance, de beaux dessins, une réflexion pertinente.
Tout est parfait.