La première partie était déjà poétique mais, comme le début de cette seconde partie, elle était néanmoins lourde de menaces. Avec les inondations liées au réchauffement climatique définitivement installées, le développement d'un gouvernement autoritaire avec des forces de police et de gendarmerie zélées, une grand-mère qui va être expulsée de sa péniche (Jeannes), un fils activiste un peu aventurier et un peu largué (Hans, un des fils de Jeannes) et une jeune fille rebelle et sans repères (Vinee, la fille de Hans). Un happy-end était très improbable. Et pourtant...
Il faut dire que les humains sont passés au second plan. Ils ne sont plus maîtres de la planète et donc de la situation. L'eau, les plantes et les animaux ont maintenant repris la place qui, depuis toujours, était la leur. On peut admirer, dans cette BD, toute leur beauté, et écouter ce qu'ils ont à dire, même si, simples humains, nous ne pouvons pas tout comprendre. Le chien (bleu) semble jouer ici le rôle d'intermédiaire, en tant que meilleur ami de l'homme. Mais ses perceptions, très riches, nous dépassent un peu. Il a visiblement plaisir à retrouver Hans, même s'il est un peu condescendant : "Guidé seulement par l'affection primitive d'un bipède... c'est là que je suis en vacances."
Mais les humains ont des ressources étonnantes. Les pièces du puzzle se mettent miraculeusement en place et nous sommes émus de voir qu'ils peuvent, ensemble, retrouver leur humanité.
Les dessins sont plus que magnifiques ; ils sont magiques.