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L'ankoulé !
Fournier délivre ici son récit le plus personnel, du moins dans la série Spirou (n'ayant pas lu ses autres albums à part "Les Crannibales"), puisque l'intrigue se déroule en Bretagne, région où vit...
le 1 oct. 2013
Il faudra que Fournier et compagnie nous expliquent ce qui est le plus écologique entre une centrale à charbon et une centrale nucléaire. D'un côté, une centrale qui déverse des quantités infernales de nuages toxiques pendant son fonctionnement normal, de l'autre côté une centrale qui relâche de la vapeur d'eau, pas radioactive. Oui, la France est beaucoup plus sérieuse que l'ancienne URSS en matière de nucléaire, et les séismes de magnitude 9 sont plutôt rares en France, en Bretagne qui plus est, étant donné que la moindre pâquerette est trésor national, là-bas, et que rien n'existe à l'est de l'Ille-et-Vilaine. Remarquez, ça fait beau dans le paysage, tous ces câbles tendus depuis la Normandie pour alimenter ces chers Bretons qui sont nés quelque part.
Bon, c'est une façon de parler, qu'aucun indépendantiste ne fasse le déplacement pour s'entendre pérorer et me faire la leçon tel un maire de Champignac, je n'en ai rien à secouer. Remarquez, on peut encore tout-à-fait vivre à l'ère préindustrielle, regardez les Mormons, aux USA, c'est ce qu'ils font, et ils s'en sortent très bien. Chauffage au charbon, éclairage à la bougie, moulin à vent, à aubes ou à bras pour écraser les grain de blé et faire de la farine. On peut s'en sortir. On en fait tout un pataquès de l'électricité, mais le Monde a bien existé sans ça. On peut tout à fait revenir à la voile pour la navigation et la pêche, et revenir au courrier papier pour la communication longue-distance. On a bien inventé la démocratie sans électricité. Il faudra quand-même qu'ils nous expliquent comment fabriquer toutes ces coques en matériaux composites pour catamarans volants, sans électricité bon marché. Peut-être à la main, à l'ancienne, avec des techniques rétrofuturistes.
De toute façon, l'écologie ultime, jusqu'au-boutiste reste quand-même l'inexistence de l'Humain. En Bretagne. C'est vrai quoi, sans êtres humains en Bretagne, rien ni personne ne saura y traumatiser la Nature. Allez trous du culs bretons, Fournier et compagnie, continuez à faire chier tout le monde avec vos vœux irréalistes, restez dans votre monde parallèle totalement imaginaire, à prendre les fées et l'Ankou le justicier pour la réalité, continuez à faire chier à la mode Plogoff. En tout cas, s'il vous plaît, ne souillez pas Spirou et Fantasio en leur prêtant des paroles qui ne reflètent que vos opinions. Si vraiment vous voulez être pris au sérieux, commencez par vous moquez de vos propres excès, parce que pour l'instant, vous êtes des caricatures ambulantes, des caricatures de vous-mêmes. Et reniflez bien vos embruns, si c'est tout ce qui vous convient.
Bon, j'en avais sur la patate des Bretons et de leurs embruns. Le Commandant Cousteau, Girondin, non-Breton, a fait bien plus pour l'écologie que tous les marins de Plougastel et des environs réunis.
Pour revenir sur l'image du nucléaire dans les années 70, date de parution de cette bédé, histoire de contextualiser, les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima n'étaient pas encore survenues, et le nucléaire avait encore l'image tonitruante des deux bombes décimeuses de civils nippons. Une utilisation très funeste et injuste. On a vu mieux comme image pour une nouvelle technologie. Mais justement, que ce soit en bédé ou en roman, une histoire est l'occasion parfaite de discuter de la chose, d'amorcer une réflexion sur le sujet, d'assimiler ses réflexions et d'aller un peu plus loin que les jugements arrêtés d'alors. Avec, en plus, l'univers fantasque de Spirou et Fantasio pour divertir sans passer pour un moralisateur. Mais là, non, Fournier n'en est pas là, en témoignent les premières paroles qu'il prête à Fantasio quant à la centrale nucléaire, qu'il qualifie de "pompeux hymne[s] au progrès et à la science". Une condamnation sans appel qui ne changera pas du tout de l'histoire. Une condamnation à laquelle Spirou et Spip font écho. À laquelle l'histoire de la bédé fait écho.
Au final, cette bédé n'aura fait que préfigurer l'affaire de Plogoff, elle n'aura rien fait pour amorcer une réflexion sur le sujet du nucléaire.
Fournier utilise le mythe de l'Ankou pour brandir la peur du nucléaire afin que la centrale ne se fasse pas dans leur jardin régional géant. Il aurait mieux valu pousser la réflexion plus loin.
Sinon, la bédé permet d'apprendre quelques mots de breton et quelques fragments de la mythologie bretonne. C'est intéressant. Sachant que la culture bretonne descend des cultures celtes îlotes, cultures sœurs de la civilisation gauloise, nos ancêtres.
Créée
le 4 juin 2026
Modifiée
le 4 juin 2026
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