J'aime bien le système de Comès. Il travaille par chapitre. Chaque chapitre est un pas supplémentaire vers la fin. Ca permet au récit de progresser lentement mais sûrement. Cela marque aussi els différentes étapes accomplies, ou évolutions.
Le dessin est certainement ce qui marque le plus dans cet album. Comès joue à merveille du noir et du blanc. L'un creuse l'autre et vice-versa. L'auteur fait preuve d'une audace incomparable pour dessiner, son système de représentations jouent beaucoup sur des signes qu'il instaure immédiatement pour les brouiller aussi vite. Malgré ce jeu pervers, l'identification des éléments se fait sans gêne.
Le scénario, c'est autre chose. là où Comès marque des points, c'est dans la volonté d'approfondir la psychologie de son personnage principal. Là où il échoue, c'est dans la montée du suspens, de la tension et surtout la pertinence de l'intrigue. Si l'histoire du dédoublement de personnalité est intelligent, sa mise en scène est trop prévisible, si bien qu'arrivé au second chapitre, on a déjà tout compris. Et pour revenir sur l'histoire qui englobe le tout, elle est peu crédible pour ne pas dire incohérente. Les 'militaires' servent davantage de prétexte psychologique que de véritable noeud scénaristique.
Bref, L'arbre-coeur est une bande dessinée à prendre pour son expérimentation et son audace ; le graphisme est léché, le pitch de départ sympathique, mais le traitement de l'idée fait défaut.