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  • Le bourreau a levé sa hache. Et l'a laissé retomber. Le prophète a été coupée en deux. La tête a roulé dans la poussière et la foule a hurlé. Puis le silence est retombé car la bouche a continué à parler. Elle disait qu'un enfant naîtrait bientôt. Il conquerrait une terre. Et que cette terre serait offerte aux semi-elfes. Elle disait que les semi-elfes seraient alors rassemblés sous une seule et même bannière. Que leurs tourments prendraient fin. La bouche précisa encore que l'enfant serait reconnu des siens par une marque qu'il porterait à l'épaule.




Une nation n'est forte que lorsqu'elle est juste...



Les éditions Soleil sous la plume d'Éric Corbeyran proposent avec Elfes, tome 4 : « L'Élu des semi-Elfes », une nouvelle entrée par le prisme d'une autre branche familiale elfique dans l'extraordinaire univers des Terres d'Arran. Une épopée d'héroïc fantasy palpitante et enrichissante proposée par des tomes indépendants qui viennent en parallèle se greffer autour d'une saga de bande dessinée très prolifiques avec Nains, Orcs & Gobelins et Mages.

Avec ce nouveau périple on découvre la famille interraciale des semi-elfes, qui de par leur croisement génétique avec d'autres espèces sont traités comme des mécréants n'ayant aucun autre droit que d'être exploités à la mine comme des outils jetables après usages. Privé de repères, dès leurs naissances en étant noyé dans un déluge de haines et de violences faisant de ces individus des parias qui de par leur singularité se plient à une époque ignoble qui ne leur reconnaît aucun droit d'existence. Pourchassés et exécutés par l'ensemble des races, les semi-Elfes démontrent la cruauté du monde des Terres d'Arran qui à l'instar du nôtre, accorde à l'apparence une importance cruciale, au point d'en faire un point de convergence haineuse névralgique qui émousse lentement et sournoisement l’esprit des vivants. Un constat radical qui vient contraster la belle et si parfaite mythologie des Elfes, et qui trouve une once de salut pour ce peuple opprimé à l'apparition d'une prophétie annonçant la naissance d'un Élu. Un Élu qui guidera le peuple semi-elfes pour le conduire sur une terre idyllique, où celui-ci pourra prospérer et exister sans crainte d'être persécuté. Une histoire dramatiquement forte et saisissante, s'articulant telle une légende prophétique qui trouve son intérêt dans une lutte de pouvoir pour le droit à l'existence.

Quand la générosité d'un auteur devient le fardeau de son œuvre. Le récit brasse tellement d'informations et de manière si brouillonne en partant dans tous les sens que cela en devient fouillis. L'intrigue initiale autour d'un élu avec Nah-Taal, accompagné de May-Liiss ainsi que de son bras droit Jih-Biin va se retrouver divisé en deux récits distincts. Le premier avec Nah-Taal qui par retrouver Kreeh-Hee le maître-chasseur, et sa Majesté elfique Sylvain afin de négocier la fameuse terre promise, alors que Jih-Biin pendant ce temps-là à la garde du peuple semi-Elfes. Seulement, Jih-Biin va se retrouver plongé dans une nouvelle quête annexe autour de trois armes légendaires forgées par trois frères avec, Borh-Naha le sage, qui serait lui aussi l'élu. Une information nous renvoyant de nouveau à une nouvelle quête avec Sanah-Liih, l'antagoniste (appuyé par Tree-Denaa), qui serait le descendant du prophète ayant prophétisé la venue de l'élu et qui s'est retrouvé à traquer les armes légendaires des trois frères afin de prendre la tête des semi-elfes, s'affichant comme le véritable élu. Un amas d'éléments secondaires desservis par de nombreux personnages autour de nombreuses quêtes pour bien trop peu de pages, si bien que tout est survolé. On ne s'attache pas suffisamment aux personnages. On ne prend pas assez de temps avec les intrigues ce qui nous exclut des diverses émotions et tensions véhiculées. Certains éléments d'importance sont grossièrement bâclés. Exemple : lorsque Sanah-Liih se retrouve sur le sentier de la guerre à la tête du peuple semi-elfes qui l'élu nouveau chef avec seulement deux-trois phrases alors que personne ne le connaissait quelques secondes avant. Un choix d'écriture totalement regrettable car Corbeyran essaye de réellement bien faire à travers un récit bien trop généreux qui aurait pu trouver tout son intérêt et sa puissance d'exécution sur plusieurs volumes.

Les dessins de Jean-Paul Bordier sur les couleurs de Digikore Studios sont agréables, offrant des plans soignés avec des beaux cadres. Les illustrations sont séduisantes par le biais de traits travaillés qui donnent vie à toutes sortes de situations grâce à une mise en mouvement efficace durant les séquences d'actions qui malheureusement sont peu nombreux. Les décors sont sympathiques bien qu'on regrette un manque d'exploration de cette fameuse terre promise, et de ce royaume tant rêver que l'on découvre qu'à travers quelques petites cases. Des vignettes visuellement travaillées mais insuffisamment poussées pour pleinement coller à la richesse de cette histoire débordante qui fait office de structure scénaristique instable pour poser adroitement son cadre et ses émotions.


CONCLUSION :



Elfes tome 4 : « L'Élu des semi-Elfes », des éditions Soleil par la plume bien trop nourrie d'Éric Corbeyran, est un album frustrant qui nous offre une histoire idéale qui fatalement souffre d'une structuration instable. Une bonne dramatique autour d'un ressort scénaristique de grande valeur avec un droit à l'existence pour un peuple opprimé qui donne envie de parcourir le récit mais qui tombe dans un pot-pourri d'un trop-plein d'idées, qui ne trouve aucune consécration directe en étant survolé de bout en bout.

Une bande dessinée que l'on n'a pas envie de détester vu le sujet exploré, mais qui ferme son lecteur à une lecture fluide nous empêchant de profiter de son réel potentiel.



  • Un jour sans doute un barde ou un poète nous rendra visite et nous chantera les louanges et les exploits de celui qui était mon ami... Ce jour-là mes yeux verseront des larmes... Car jamais plus depuis lors il ne m'a été donné de croiser la route d'un être aussi généreux que lui...


L'Élu des semi-Elfes - Elfes, tome 4
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