Même si son humour singulier peine à s'exprimer pleinement dans le cadre imposé, Fabcaro ne s'en sort pas si mal et fait même mieux que le grand Goscinny dans certains albums qui ne tutoyaient pas les sommets , tels "Le chaudron" ou "Astérix chez les Helvètes".
Certes, le scénario rappelle celui d'un des meilleurs titres dus à Goscinny, "Le devin", avec l'intrusion dans le village d'un expert en manipulation et sa méthode de "L'iris blanc" mais les références à notre société et certaines de ses dérives, sans être hilarantes comme le sont celles des productions de Fabcaro, sont fidèles à l'esprit des Astérix d'avant la triste période des albums signés par le seul Uderzo. Citons pour exemples, entre autres, le développement personnel, le sentiment de supériorité de l'intelligentsia snob de Lutèce, la nouvelle cuisine et ses portions réduites, l'usage des trottinettes en ville, le théâtre subventionné qui mérite les 3 L dans Lutècerama ...
Astérix et Obélix, les deux amis à la "dysharmonie gracieuse", ont trouvé en Fabcaro un père de substitution des plus honorables.