De tous les pastiches de Sherlock Holmes, celui imaginé par l'Irlandais Michael Dibdin (1947-2007) est l'un des plus originaux, et certainement le plus iconoclaste. Impossible de résumer L'ultime défi de Sherlock Holmes, au risque d'en dévoiler l'incroyable dénouement, qui choquera les Holmésiens au coeur tendre mais ravira les amateurs de thrillers victoriens un rien pervers. On se contentera donc de dire que le roman, tout comme la BD scénarisée par Olivier Cotte, met en scène la rencontre entre un Holmes cynique et fatigué et un certain Jack l’Éventreur, tueur de prostituées et désespoir de Scotland Yard. Dans la version dessinée par Stromboni, Holmes a les traits télévisuels de l'inoubliable Jeremy Brett, tandis que Watson ressemble à Nigel Bruce dans la série des années 40 avec Basil Rathbone. Un vignettage à l'ancienne, un coloriage délavé avec des trames ostensiblement visibles: on se croirait aux débuts héroïques de la BD! Mais ce parti pris esthétique, pour virtuose qu'il soit, se fait souvent au détriment de la lisibilité. On dégustera donc de préférence d'abord le roman original, avant de goûter à ces sombres planches au graphisme rétro!