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le 5 mai 2026
SuivreGrand spectacle
Superproduction en cinémascope, dès le début, les Côtes de Northland en mettent plein la vue. Thorgal vient en aide à une jeune fille en détresse. Elle lui remet une pierre d'ambre pour lui porter...
Tout comme pour le précédent tome nous exposant une cité magique de laquelle il était impossible de s’enfuir, il m’est désormais inenvisageable d’abandonner Thorgal plus d’une semaine. Voilà plus d’un mois que j’ai découvert son existence et une fièvre m’a pris. J’ai trouvé mon Nord, tout comme une myriade d’enfants en proie à des visions splendides enchâssées dans la roche de leur imaginaire.
Si je décomptais, le long de toutes mes chroniques sur cette série, le mot qui apparaît le plus de fois, ce serait indubitablement celui d’imaginaire. Non pas tant parce que je manque de vocabulaire (quoique), mais simplement parce que l’univers imaginé par Van Hamme et Rosinski a, dès son entame, fait grand cas de repousser les terres de ce continent que chacun a déjà foulé avec révérence et excitation.
Or, il est assez triste de constater que sous le précieux talent de Christophe Bec (bien que ses visages soient plutôt foirés question symétrie) et la plume de Valérie Mangin, que le dessinateur a invitée à co-écrire l’album, s'esquisse une histoire somme toute banale. Ce 6e volet de l’extension ouverte par Le Lombard, qui a pour mission d’inviter une flopée d’auteurs de renom à croquer leur propre aventure du plus célèbre Viking du 9e art, nous délivre un hors-piste assez contrariant.
Si le volume faisait 46 pages, pourquoi pas. Or, les 95 feuillets se lisent péniblement. Hormis l’idée principale, plutôt prenante (sur une île isolée, Hurla, la déesse de l’ambre, a puni l’avidité des hommes en les plongeant dans un sommeil sans réveil, ne laissant fouler ses terres qu’aux femmes), l’histoire s’avère plutôt pénible à mettre en branle, mais aussi à tenir sur la longueur.
Le sens du rythme est aviné, le découpage à revoir et la tension aux abonnés absents, tout comme le sens de l’action. Bec sait griffonner de mirobolantes doubles pages, dans la lignée de Rosinski, lequel mêlait rigueur académique et virtuosité instinctive, mais il ne faudra pas lui en demander plus. Et je ferais l’impasse sur le manichéisme crasse des protagonistes. Si bien qu’au final, on se retrouve avec un récit qui nous tombe des doigts, aux retournements dégonflés et aux dialogues sans la moindre parcelle de dynamisme.
Dommage, car comme le note l’autrice dans son « mot de la fin », le découpage de Van Hamme avait ceci de particulier qu’il semblait, à première vue, simple, mais que dès qu’on l’analysait un peu, il charriait une haute sophistication technique. Une leçon que ce sixième volet semble malheureusement avoir oubliée en chemin.
Naturellement, il est aussi plutôt désolant de voir que, lorsque pour la première fois une femme s'empare des commandes de la série, elle ne peut s’empêcher de gribouiller un brûlot à l’encontre de la gent masculine, tout en oubliant royalement de faire quelque chose d’Aaricia. C’est quand même gros, nan ?
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