Cet ouvrage se veut être un témoignage et un message de tolérance envers les personnes atteintes du Syndrome d'Asperger ; il n'empêche que cette présentation, aussi pédagogique soit-elle, me laisse personnellement un peu dubitatif...Tout comme pour l'hypersensibilité ou le haut potentiel (termes désormais galvaudés à l'extrême), ce diagnostic sonne comme une « excuse facile »; tout-un-chacun pouvant se reconnaître dans ce prisme de signes cliniques (finalement banaux et courants), et ainsi s'engouffrer dans la brèche. Dès lors, poser ce mot étrange pour justifier un mal-être (somme toute relatif, nous subissons tous des difficultés ou des épreuves au quotidien pour vivre ensemble) semble être une légitimité pour justifier des comportements inattendus ou inadaptés. S'intégrer dans la société est compliqué pour de nombreux gens...Il faut aussi savoir s'adapter et faire des efforts pour être en communauté, et non l'inverse. Se replier sur soi-même n'est-il pas aussi le signe d'un manque de courage ou de maturité, sans pour autant nécessairement basculer dans le registre pathologique ? On nous expose ici les « Aspies » comme des individus vulnérables, incapables de dire non, de faire du mal ou de sortir de leur zone de confort...Et pourtant, Marguerite largue son copain sans hésitation et sans la moindre empathie : c'est totalement paradoxal !