L'antivirus, c'est la capote pour une relation à distance ?

Ça y est, bordel, on y est. Une romance où les messages envoyés sur messenger ou autre réseau est considéré comme romantique. Putain, on est loin des lettres enflammées d'il y a un siècle. Y a eu d'autres récits où l'internet permet de faire naître une romance, mais toujours il y a eu une réticence, l'envie de dire oui mais internet c'est aussi des gros losers qui se font passer pour ce qu'ils ne sont pas. Ici, rien de cela, que de l'honnêteté, de la bienveillance. Pourtant, y a quand même l'une qui stalke l'autre, tandis que l'autre envoie des CV à la place de l'une... mais tout va bien, personne ne prend ça mal. Pourtant mettez un mec à la place de l'une ou l'autre, et tout de suite ça paraît plus glaçant non ? Non mais franchement, ça veut dire que, dans 20 ans, quelqu'un va nous pondre une comédie romantique où l'IA sera romantisé. J'imagine bien l'IA qui fait tout le travail de drague, mais où ce n'est jamais pointé comme un souci. Je suis sûr qu'on va y arriver, ça va prendre un peu de temps, car les générations actuelles sont un peu réticentes (tout en admettant son utilité) mais dans 20 ans, la génération nouvelle ne connaîtra que ça, et ce sera forcément un truc normal. Moi, ça me fait peur.


Outre ce traitement flippant, est-ce une bonne BD ? Beuhhhhh, pas vraiment. Le récit est un peu chiant. On ne fait que lire les échanges épistolaires numériques des deux femmes, qui s'entendent à merveille. Je trouve les dialogues assez plats, peu relevés, peu extraordinaires, on se demande même pourquoi elles sont amoureuses l'une de l'autre et encore moins comment ça tient une fois qu'elles se rencontrent. Les conflits, on en voit peu, et ils sont vite expédiés. La romance n'a pas vraiment d'intérêt.


Deux dessinatrices pour réaliser cette BD à quatre mains : les deux styles vont ensemble. Par contre, celle qui dessine les pages de droites... est moins douées. Y a notamment un truc qui m'horripile, quand le dessinateur/la dessinatrice ne parvient pas à se décider sur le nombre de doigts à une main. L'auteure dit à la fin qu'il n'y en a que 4, amis non, parfois un cinquième doigt vient se greffer. Pour moi, en tant que dessinateur, c'est une erreur que je ne comprends pas, c'est quand même un choix graphique que l'on pose assez vite, ça peut arriver de se tromper une fois de temps en temps, mais là toutes les 10 pages maximum, y a un doigt en plus. Pour les deux, le dessins n'est pas extra, c'est un peu plat, les incrustations dans les décors sont parfois un peu maladroits, les visages sont moches surtout à droite.


Par contre, l'idée de mise en scène générale, il faut bien l'avouer, est assez chouette et ludique. Avec parfois de belles idées pour que la page de l'une réponde à l'autre (parfois accidentellement, parfois volontairement, dans les deux cas, c'est plaisant).


Bref, déçu par cette BD qui porte un message bien trop lisse et qui, en tant que romance, est assez fade.

Fatpooper
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le 5 déc. 2025

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Fatpooper

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