Par où commencer pour parler de cette superbe BD qui vient de sortir chez Rue de Sèvres ? Le plus logique, c’est peut-être de mentionner cette magnifique édition collector que j’ai pu recevoir suite à une campagne Ulule qui a clairement fonctionné très fort.
Recevoir un colis comme celui-là dans sa boîte aux lettres, avec un livre aussi beau, c’est un tel kiff. Surtout quand on voit la fabrication high level : dos toilé, tranche travaillée, dorures très réussies sur la couverture, et des pages épaisses qui donnent immédiatement une vraie sensation de qualité. Même les pages de chapitrage sont particulièrement soignées, avec un effet 3D vraiment réussi. Franchement, ça fait toujours plaisir d’avoir ce niveau de fabrication entre les mains, sans parler des goodies associés aux campagnes Ulule bien sûr (Ex-libris de Jade Khoo❤️)
Bref, moi qui ai tendance à attendre un peu trop avant de commencer mes lectures, là, ça m’a donné envie de m’y mettre tout de suite.
Et pour faire simple, c’était juste trop bien. Le début n’a pas été forcément évident pour comprendre le monde dans lequel on entre, avec une immersion un peu freinée. Mais une fois ce cap passé, on bascule totalement dans l’univers.
Un univers inspiré du XVe siècle, à la croisée du Moyen Âge et de la Renaissance, avec une dimension ésotérique et une touche de fantastique. On évolue au sein d’un clergé, avec ses initiés, ses clercs, ses abbés, et toute une galerie de personnages qui se met progressivement en place avec l’histoire.
Au début, j’étais donc un peu partagé. J’avais envie de tout absorber à la fois : découvrir l’environnement, comprendre l’histoire, m’attacher aux personnages, tout en appréhendant les dessins que j’ai trouvés à la fois magnifiques et parfois un peu trop flous. Mais il suffit parfois de pousser un peu plus loin pour que tout prenne.
Et bien sûr, on se laisse finalement emporter par ce monde, et cette histoire qui prend le soin de nous embarquer dans un mélange de manigances, de cape et d’épée, avec de la magie en toile de fond. Et c’est tout simplement savoureux à suivre. L’ensemble est bien construit, avec une vraie belle sensation qui s’en dégage.
Tout ça, c’est l’œuvre de Juliette Brocal, que je ne connaissais pas du tout avant de tomber sur la campagne Ulule. Et là, surprise : je découvre une illustratrice qui a déjà une vraie fanbase, ce qui reste plutôt rare pour quelqu’un qui n’a encore rien publié. En regardant son travail, on voit qu’elle vient de l’animation, et qu’elle a notamment travaillé sur le super film SF Mars Express.
Mais au-delà de ça, ce qui marque surtout de mon côté, c’est que Juliette Brocal a un univers vraiment à elle, singulier et très intéressant. Elle a notamment fondé avec deux autres artistes un collectif appelé Les Dumariolles, un groupe de lecture autour de la passion des écrits d’Alexandre Dumas.
C’est marrant parce que quand j’ai découvert le projet Ulule pour La Langue des Vipères, il y a eu juste après celui de La Belle Ouvrage, dans lequel on la retrouvait, parce qu’elle a illustré la couverture… des Trois Mousquetaires !
En aparté, pour celles et ceux qui ne connaissent pas ce projet, go go. Il est encore en cours pendant quelques jours. Attention par contre : les livres coûtent un bras ! On est clairement sur une fabrication de très haute qualité, avec donc des objets de collection faits pour nous ruiner !
Bref, je pars un peu dans tous les sens, mais ça permet aussi de mettre en lumière un très beau projet.
Pour conclure, c’est vraiment une super BD, qui arrive à installer un vrai charme. Il y a quelque chose de particulier dans la lecture, une petite dose de sensations difficile à décrire, comme une espèce d’envoûtement qui se laisse savourer.
Et pour ma part, ça me donne immédiatement envie de la relire ce soir, pour mieux m’en imprégner et revenir au début sans l’appréhension que j’avais pu avoir au départ.
J’espère aussi que la BD va bien marcher, même si, vu son financement Ulule, c’est déjà plutôt bien engagé. La vraie question, c’est surtout de voir si elle va toucher un public plus large. Mais dans tous les cas, c’est encore une très belle BD française portée par une jeune illustratrice. Ce qui fait écho à Jade Khoo, qui a signé le hit Terre ou Lune : on est sur la même génération, des sorties la même année, et en plus une formation commune aux Gobelins (les deux sont diplômées en 2020).
C’est vraiment cool de voir cette jeune garde de l’illustration française prendre ses marques, affirmer son style, et montrer déjà tout le talent présent aujourd’hui - et celui qui ne demande qu’à se développer encore plus demain.
Bref, une très belle découverte, et une BD qui mérite clairement de trouver son public !