Avec ce deuxième volume, Top 10 confirme tout ce qui faisait déjà la force du premier tome : un mélange jubilatoire de polar urbain, de satire super-héroïque et d’observation sociale, servi par une imagination visuelle qui déborde littéralement de chaque case. Alan Moore poursuit son exploration de Néopolis, cette ville où tout le monde a des pouvoirs — ce qui rend le crime non pas plus spectaculaire, mais plus banal, plus mesquin, parfois plus absurde encore.
Ce tome met davantage l’accent sur les dossiers du quotidien du commissariat : des affaires étranges, parfois grotesques, parfois tragiques, qui s’entrecroisent pour dessiner un portrait toujours plus vivant et complexe de la ville. La force du récit vient de ce mélange subtil entre humour, empathie et lucidité : derrière chaque gag visuel se cache une idée sociale, derrière chaque scène d’action, un petit drame humain. Moore joue merveilleusement avec cette multiplicité d’échelles.
Le dessin de Gene Ha et la mise en scène de Zander Cannon atteignent ici une forme de maturité : chaque rue, chaque arrière-plan, chaque détail raconte une histoire. Les couleurs explosent, les perspectives s’étirent, les rues grouillent de vie — on a l’impression d’une cité qui respire, qui bouillonne, qui ne tient jamais en place. Le réalisme des expressions et la précision maniaque des décors donnent aux scènes, même les plus folles, une crédibilité étonnante.
Sur le plan narratif, ce tome approfondit aussi les personnages principaux : leurs fragilités, leurs relations, leurs contradictions. Le commissariat fonctionne comme une famille dysfonctionnelle mais soudée, traversée d’humour, de fatigue, de petits élans d’héroïsme et de beaucoup de résignation. C’est souvent drôle, parfois mélancolique, toujours très humain.
Résumé
Un second tome riche, drôle et foisonnant, où Néopolis devient un personnage à part entière.
🛣️ Une ville qui déborde de vie et d’histoires.