Le deuxième volet des aventures d'Astérix s'ouvre sur une scène de vie au village. La leçon que donne Assurancetourix aux enfants - demandant "Savez-vous qui sont nos ancêtres?"- fait écho au nos ancêtres les gaulois du précédent volume. Déjà s'installe ce comique de répétition, qui sera l'une des marques de fabrique les plus évidentes de la série.
On répète, on affine.
Par exemple, le premier volume offrait déjà un banquet final, pendant lequel le lecteur attentif ne manquera pas de remarquer Assurancetourix grattant son violon sous l'oeil pour le moins courroucé de ses proches voisins. Dans ce volume, le banquet est vu de l'intérieur de la maison d'Assurancetourix, qui est baillonné comme il le sera ensuite très régulièrement.
Bref, c'est la même recette.
Les gags et les anachronismes savoureux s'enchaînent pour notre plus grand plaisir, dans une intrigue plus élaborée que la première, où il est question d'un enlèvement crapuleux et d'une juteuse contrebande de serpes d'or.
Les personnages se rapprochent déjà de ce qu'ils seront in fine (moi aussi, j'en perds mon latin, avec toutes ces baffes). Obélix, peut présent dans le premier volume, acquiert une vraie importance, composant ce duo d'anthologie que tous connaissent, du petit rusé et du gros balourd.
Toujours aussi plaisant, un album qu'on peut lire et relire.
Moins d'usage de la profondeur de champ dans ce volume, mais plein de détails savoureux, comme les statues du palais du préfet, qui sont de pures merveilles.
Relire les premiers volumes d'Astérix permet de mesurer toute la finesse d'écriture du duo d'auteurs.