On dirait que la série est déjà posé dans cet album, ce qui n'est par exemple pas le cas du Tour de Gaule par exemple. On dirait que La Serpe d'Or a été écrit après Le Tour De Gaule (et ça l'adaptation radiophonique de 1966 l'a bien compris ! j'y reviendrai). Perso j'ai adoré.
Goscinny se dévoile, ce sont les débuts, force est d'admettre qu'on ri un peu moins, c'est plus timide et le déroulé de l'histoire est plus directe, allant droit au but sans trop prendre le temps de creuser, comme les premiers Lucky Luke (ceux dont on ignore s'ils ont été faits par Goscinny comme le disent les sites ou par Morris seul comme le disent les albums que j'ai lu). Mais le génie est déjà là : une intrigue simple, quoique déjà osé pour un deuxième, mais quand-même juste une serpe d'or cassé, c'est simple et encore plus simple : en acheter une nouvelle, il suffit d'aller à Lutèce voir le fabricant qui EN PLUS est le cousin d'Obélix. Que de simplicité et pourtant... une intrigue complexe se met en place. L'album s'emballe lentement et tombe dans une histoire déjantée servi par un très bon rythme et des gags de répétition (propre à l'humour goscinnien) et autres moments très drôles très efficaces.
L'album aurait gagné à creuser davantage comme l'a fait son adaptation radiophonique en 1966, mais il reste un très bon album, un des meilleurs peut-être mettant bien en place l'univers d'Astérix et le génie des auteurs à faire du beaucoup avec rien et à nous faire rire d'une manière mémorable. C'est pour ça qu'on l'aime Astérix. !
Un mot sur cette fameuse adaptation radiophonique. Il s'agit (si je ne me trompe) du deuxième épisode (après le Tour de Gaule) du feuilleton radiophonique d'Astérix de 1966 adaptée par Claude Dupont et (je crois) supervisé par Goscinny. Celui de La Serpe d'Or est particulièrement réussi. Il creuse ce que l'album n'a pas su creusé, il est très clair, on visualisé les dessins sur les dialogues. On a nos voix authentiques (celles des premiers films et d'autres qui complètent le casting) Roger Carel, Jacques Morel, Pierre Tornade, Michel Galabru. Il y a des longueurs et des moments dont on ce serait passé, mais dans l'ensemble c'est mémorable et met bien à l'honneur l'album. Mention spécial au début (dans un café et non dans le village comme dans l'album avec... Une bagarre) et un un personnage très drôle absent de l'album : le gardien de cellule qui est très attaché à ses prisonniers et qui n'est pas sans rappeler un personnage de l'excellent film La Ballade des Dalton.