Nul besoin de vérifier le nom de l'auteur, on reconnait tout de suite la patte Yslaire:
le trait si particulier, qui donne aux personnages un air penché, un visage un peu étiré, comme tiraillé, des thèmes toujours empreints de tristesse, et une couleur dominante.

Ici c'est le bleu clair, le froid, l'hiver.
Les rares fois où on bascule dans des choses plus sombres, ce sont des extraits de journaux télévisés qui évoquent la guerre, youhouuu haut les cœurs!

Une fois de plus, il faut reconnaitre que le bonhomme sait installer le climat de son œuvre en quelques planches.

Oui mais j'avoue que je suis un peu déçue:
le thème est actuel, on se sent nécessairement concerné, on aime penser que le son passe à travers la Bd (et là c'est pratique de choisir un titre aussi connu que "imagine" en fil conducteur), on apprécie de pouvoir suivre une opposition entre le pseudo-juif et la musulmane, on s'attend à de l'intensité, de l'émotion.

Et puis rien: le héros me laisse de glace (sans doute parce que lui-même semble congelé avec ses couleurs pâlottes).

Pire, le thème m'a semblé assez simpliste: ok on peut difficilement dire qu'Yslaire se trompe en pensant qu'il est plus beau de faire l'amour que la guerre, mais j'ai vraiment eu l'impression de voir le soufflé retomber au fur et à mesure qu'on avançait dans l'histoire. Comme si c'était trop basique comme message, trop convenu ( je ne remets pas en doute la sincérité de l'auteur hein).
J'ai ressenti un ennui profond pendant une bonne partie de la BD, et ça m’attriste parce que j'ai bien compris qu'au contraire l'auteur voulait faire de cette histoire un condensé d’émotions.

Ben non, je ne me suis pas envolée au dessus de Bruxelles, je suis restée bien terre à terre, tant pis ce sera pour une autre fois.
iori
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le 8 avr. 2014

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iori

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