Le dernier épisode de l’aventure inaugurale de Trolls de Troy recentre (enfin) l’intrigue sur le chantier où sont exploités les trolls esclaves, et ancre (enfin) la rivalité du méchant sage Rysta Fuquatou et des trolls du village de Phalompe, Teträm et Waha en tête. Malheureusement il est un peu tard, et le rythme fouillis qui tient l’aventure d’une séquence à l’autre est inégal et précipité, confirmant là la maladroite narration de la quête dans son ensemble.
L’agréable intérêt de cet album réside avant tout dans la plus ample connaissance (enfin) des autres membres de la tribu de Téträm : son épouse Puitepée, volontaire, le petit Gnondpom, témoin des mois ou des années qu’on n’a pas senties passer, et le chef Haïgwepa, troll instinctif et brusque, troll quoi. Une séquence bucolique adapte Les Trois Petits Cochons avec dérision. Et le dessin foutraque de Jean-Louis Mourier colle toujours à l’ambiance rustique de Troy, entre plantureuses jeunes hôtesses, humour potache, et violence charcutière et sanglante, « c’est quand même meilleur que le chou » !
Acceptant que Trolls de Troy ne racontera pas une longue et merveilleuse aventure telle que celle de Lanfeust, Christophe Arleston glisse alors un clin d’œil final aux banquets d’Astérix et de ses compagnons, laissant augurer de la nouvelle forme des épisodes à venir.
Matthieu Marsan-Bacheré