Ventre-saint-gris, que c’est mauvais. 24 tomes d’un humour gras, bête et beauf, sans originalité et moche. En fait le dessin en lui-même est correct. Trop correct. En fait c’est tellement correct, carré et impeccable (encore que, c'est tellement impeccable que ça arrive à être dégueulasse à cause de ça) que ça pue l’artificiel à plein nez, typiquement dessiné sur tablette graphique pour pas compliquer sa vie de dessinateur déjà bien occupée à monopoliser les salons de BD (et on en profite même pour tabler quasiment que sur des culs et des nichons). Un style beaucoup trop répandu dans la BD franco-belge, qui fait accuser avec regret une très malheureuse perte d’identité du genre. Donc Les Blondes réussit déjà à pérenniser un exploit dans les tons négatifs sans même avoir lu un gag, c’est dire.
Et que dire du contenu, du pur recyclage de blagues de blondes qu’on se racontait dans la cour de récré au collège (avec des blagues de belges aussi parfois, on est pas de bois après tout) ; une grande ode à la connerie des blondes, auxquelles les auteurs ont bien sûr pensé à donner des expressions béates d’abrutissement perpétuel. Evidemment, c’est toujours la même couleur de cheveu qui porte le chapeau de la stupidité et de la maladresse, même quand l’occasion se présente que ce soit plutôt une brune ou une rousse. Mais après tout où serait l’intérêt de nommer sa BD « Les Blondes » sinon, c’est vrai… Toujours des points de suspension, des expressions désespérées ou surprises pour appuyer chaque gag, la recette ne change quasiment jamais. Les malheureuses victimes des plumes infectes de Gaby et Dzack prennent tout au second degré, mais quand même parfois au premier degré quand ça les arrange. Ils ne sont donc même pas capables de garder un semblant de cohérence dans l’humour déployé. C’est débile, insultant, impersonnel, vulgaire, moche, et d’un machisme ahurissant, bref, la recette du succès !
Vous dites que cette BD est parodique ? Oui, c’est vrai. Et alors ? Ce n’est pas parce qu’une BD est parodique qu’elle parodie bien. Et la parodie en soi n’est jamais gage absolu de qualité.
Pis bon, quitte à économiser dix euros, allez lires les gags gratuitement sur internet, ça sera toujours ça d'économisé.