Dans cette Bd, Gwenael Manac'h nous envoie dans un univers où les hommes, à force de garder pour eux leur sentiment et ressenti, finisse par s'endurcir, au sens premier du terme: ils se transforment progressivement en statut minéral, jusqu'à devenir des Moaï (ces grandes statues de pierre de l'île de Pâques).
Métaphore pas si lourdingues de la masculinité toxique, on va suivre la famille louloudi. Le grand père est devenu un Moaï encombrant, dont le reste de la famille, s'inscrivant dans une grande action politique, va vouloir se débarrasser.
Par ricochet, d'autres membres de la famille vont être touché, entrainant l'intrigue vers un dispensaire, où les hommes qui présentent les prémices de la maladie sont envoyé, pour les maintenir dans une impression d'utilité sociale tout en les accompagnant à exprimer leur émotions.
Il y a de nombreuses bonnes idées dans ce conte métaphoriques. La première moitié de la BD m'a subjugué, fait réfléchir, sourire, regarder mon entourage et moi même, nos capacités à gérer cette masculinité toxique, cette volonté et/ou injonction d'être "des durs" quand on est des hommes.
La fin de la BD se cherche un peu, on sent le propos moins puissant. La place des femmes, des mecs "déconstruits", de la famille, ce que la société accepte pour préserver l'égo des hommes "durs"; tout ça aurait pu être mieux traité. Si cela l'avait été avec la même fibre que le début, on aurait eu la BD de l'année.
Là, on retombe un peu comme un soufflet.
Reste une idée de base bien exploité au début, un trait intéressant, une intrigue qui va et vient dans le temps et des planches assez sublimes parfois.
Ca vaut le temps de se plonger, ne serait-ce que pour réfléchir à ce début de BD superbement travaillé!