Cette bande-dessinée s’intéresse aux relations amoureuses telles que déterminées par le patriarcat, en s’appuyant sur des travaux de recherches issus de diverses disciplines (majoritairement la sociologie et la psychologie). Parfois un peu redondant, le propos est intéressant et assez bien vulgarisé, ce qui rend la BD accessible et efficace face à un grand nombre de lecteur/ices. Cependant, quelques défauts viennent entacher le tableau général et baisser la note : tout d’abord, le texte (publié en 2010) manque d’un point de vue intersectionnel et s’appuie parfois sur des remarques discriminantes (grossophobie, blague à connotation raciste banalisée), ce qui nuit évidemment à la cohérence et à la crédibilité de l’ensemble du propos. C’est d’autant plus dommageable que l’autrice s’appuie en fin d’ouvrage sur les travaux de bell hooks, penseuse intersectionnelle renommée. Par ailleurs, le style de la BD (au-delà du dessin dont l’appréciation est fort personnelle) est très chargé, ce qui nuit à mon sens au plaisir de la lecture mais aussi à l’accessibilité des informations, et donc amoindrit l’efficacité de l'œuvre.
Pour autant, cette BD porte dans l’ensemble un propos utile et accessible à des lectrices et des lecteurs d’origine sociale diverse, qui peut leur permettre de questionner leur représentation souvent figée des implicites de la relation amoureuse hétérosexuelle, dont le fonctionnement est en réalité très rigide car socialement déterminé.