Peau d'homme suit le parcours de Bianca, jeune fille vivant en Italie durant la renaissance et promise en mariage à Giovanni, fils d'un marchand. Elle aimerait mieux le connaitre mais il est difficile de l'approcher. C'était sans compter sur un secret de famille, une peau qui, lorsqu'elle est revêtue par une femme, permet de se transformer en homme. Ainsi, elle se rapproche de lui, transformé en Lorenzo, entrant dans son intimité, parfois bien plus que ne le pourra jamais en Bianca. Et Giovanni va s'avérer bien plus intéressé par Lorenzo que par Bianca.
On va ainsi suivre les aventures de Lorenzo/Bianca, sa découverte de ce monde d'homme appréciant la compagnie des autres hommes dans un contexte politique marqué par la pudibonderie affiché, la religiosité à outrance pour masquer des vices sans doutes bien inavouable.
Sur le fond, le propos est original, bien amenée, le rythme est prenant avec des chapitres bien découpés. Comme c'est un ouvrage en 1 tome, j'ai un peu regretté que les thématiques ne soient pas plus variés, que la réflexion ne soit pas plus poussée sur les questions de transidentité, qu'il y ait des maladresses ou encore que certains thèmes soient simplement survolés. Cependant, contrairement à d'autres œuvres, j'ai l'impression que c'est plus par maladresse que par volonté d'enchainer les clichés pour surfer sur une vague féministes.
Sur la forme, je n'ai pas été emballé par le trait. Par contre le travail sur les couleurs est superbe. Egalement un gros boulot sur les ombres ou les détails de l'arrière plan. Les décor sont travaillés. Ca permet d'appuyer le propos sans prendre toute la lumière.
Au final, j'en attendais beaucoup suite à la hype qui a entouré la sortie de la BD. Ca n'est pas immérité. Mais je n'ai pas été transporté autant que je l'espérais. Ca n'en reste pas moins une très bonne œuvre.