Pinocchio victime d’un auteur angoissé
Voilà une version malmenée voire salie du conte pour enfants que nous connaissons tous. Ici, Pinnochio est de fer et Jiminy est un cafard. Le ton est donné ; la poésie fait place à la désillusion.
L’auteur nous propose de suivre les mésaventures d’un Pinnochcio égaré dans un monde triste et sans moral. Un récit dans lequel il use et abuse des provocations que je trouve sans intérêt : blanche-neige saute dans le ravin, les 7 nains sont de gros vicelards, les enfants se transforment en loups-garou et le nez de Pinocchio est utilisé comme sex-toy !
L’effet narratif est explicite avec cette dualité représentée par Jiminy et Pinnochio : la conscience et le corps, la parole et le geste, le noir et blanc et la couleur, … Mais franchement l’aspect provocateur du récit n’a pour moi que très peu de sens et discrédite le message.
Monsieur Winchuss, la vie n’est pas aussi noire que vous semblez le penser !
Graphiquement, le dessin nous offre du bon comme du mauvais. Le travail est très inventif et certaines planches sont très jolies notamment une couverture séduisante. Mais le niveau moyen du dessin m’a semblé assez faible au vue des éloges que l’album a reçus.
Bref, je ne comprends pas.