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Suivre«Je suis une victime»
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Je ne vais pas y aller par quatre chemins. J'ai trouvé ce manga très simpliste et du coup très manichéen dans sa façon de traiter le sujet. En gros nous avons les gentils créateurs dessinateurs mangakas et artistes, et la méchante censure qui, en plus d'être incapable d'apprécier l'art à sa juste valeur, n'y voit qu'un ramassis d’obscénités dont il faut interdire l'accès par tous les moyens.
Après, la manière avec laquelle l'auteur défend sa thèse est assez ingénieuse, je dois l'avouer. En entrecoupant l'histoire principale avec des bouts de mangas crées par les personnages, il fait en sorte que le lecteur adhère à son discours. C'est comme s'il nous disait implicitement : "Voyez ce manga créé librement par un artiste qui sait ce qu'il fait. Ça vous plait, hien ? Et ben à cause de la putain de censure vous ne connaîtrez jamais la suite!! Vous vous rendez compte maintenant de ce que l'humanité est en train de perdre ?!!"
Aussi, j'aurais aimé un meilleur développement du contexte, en tout cas autre que des réactionnaires attardés qui s'emparent des faits divers pour justifier la censure. Ce qui fait que l'auteur n'explique jamais les raisons (profondes) qui poussent une autorité à vouloir contrôler la morale des gens, surtout que le Japon qu'il décrit n'a pas l'air d'être très différent du Japon réel.
Sans parler du fait que je ne partage pas son avis à propos de la sacralisation de l'art. L'art, tout comme n'importe quelle œuvre humaine ne doit pas avoir une liberté absolue et donc ne doit pas être considéré au-dessus de la morale. Il m'a semblé que l'auteur présentait le mangaka (et l'artiste de manière générale) comme un homme à part (au sens propre comme au sens figuré), constamment à l'écart de la société, occupé par son œuvre au point de ne jamais être au courant des dernières nouvelles. Ajouté à cela une action décrite dans un future proche. Ce qui donne l'œuvre et à son créateur un aspect prophétique, proche du divin, et donc au-dessus de toute considération humaine, chose qui est loin d'être vraie.
Bref, je lui donne quand même la moyenne, et ce malgré le traitement un peu sommaire de la question et le désaccord évident entre ma vision des chose et celle de l'auteur.
Créée
le 24 mars 2016
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