La quête de vengeance de Naoko se poursuit avec une intensité toujours plus grande. Si son déchaînement de violence pouvait déjà sembler compréhensible au vu de son passé traumatisant, on découvre ici que son calvaire ne s'est pas arrêté aux portes du lycée, mais s'est poursuivi au sein de l'hôpital psychiatrique. Cette escalade renforce l'idée qu'elle se fait justice elle-même, à sa manière brutale et implacable.
Petit rappel : Naoko a subi un harcèlement scolaire d'une violence extrême, incluant des incitations au suicide, un dénigrement constant et des humiliations publiques répétées. le point culminant de cet enfer a été l'agression où ses camarades lui ont brûlé le visage. L'affaire a été étouffée grâce à l'influence du père de l'un des bourreaux, une sorte de Donald Trump japonais (un clin d'œil évident, vu sa coiffure). Enfermée dans une institution psychiatrique, Naoko y subira des tortures physiques et psychologiques. Elle n'était qu'une enfant. Mystérieusement revenue d'entre les morts, elle entame une vendetta sans merci.
Dans les trois premiers tomes, la série respecte les codes classiques du slasher : une vengeance, des ados et un tueur masqué. Mais, très vite, l'intrigue dévie vers une boucherie débridée. Ce qui frappe, c'est l'absence des clichés habituels : les ados ne sont pas les seules victimes, il n'y a pas de "Final Girl" pour échapper à la tuerie, car ici, la véritable figure tragique est Naoko elle-même. Cette inversion des rôles, où l'on finit par prendre parti pour la tueuse, apporte une touche d'originalité au genre.
Quant à la violence, elle atteint des sommets extrêmes pour un slasher. Mais bon il paraît que Terrifier 3 est insoutenable et, oui moi aussi je n'ai pas pu regarder en entier la scène dans la chambre de Terrifier 2 - ce qui fait que ce genre de "slasher" ressemble plus à de la Porn Torture - néanmoins, on est dans le graphisme, et c'est en noir et blanc, et ce grandguignolesque à outrance prête plus à rire qu'à faire peur.
En somme, Pumpkin Night n'est pas qu'un simple slasher : c'est une explosion de violence exacerbée, pleine de corps mutilés, de visages arrachés, et même d'un bébé géant moche qui a besoin d'un gros câlin.