Correct.
Le récit est un peu décevant. Les auteurs annoncent plein de choses et finalement il ne se passe rien, enfin pas totalement rien non plus et c'est ça le souci ; il aurait fallu être soit davantage dans l'action soit au contraire montrer que le personnage principal se prenait vraiment la tête pour rien. En mettant un peu mais pas trop, on est le cul entre deux chaises. Puis cette fin n'est pas du tout satisfaisante car le climax est ellipsé, on passe directement aux news à la télé, même pas le 'héros'. En plus les auteurs en profitent pour insister sur une question qui restera sans réponse. Non, vraiment, c'est dommage, car les personnages sont intéressants mais les auteurs n'en font rien. Y a des thématiques propres à Vivès dans cet album, ça permet même un peu d'aller plus loin, de deviner certaines intentions (quand le flic découvre la jeune fille à poil, si Vivès n'était pas derrière le projet la situation n'aurait pas le même sens, on n'extrapolerait pas de la même façon).
Le graphisme de Vivès est toujours chouette : léger, efficace, suffisamment précis pour qu'on comprenne le dessin, avec un jeu sur les attitudes. C'est pas parfait, les proportions sont parfois foireuses, mais il s'en fout, ça passe. Ce qui déçoit, c'est surtout le fait que l'auteur ne renouvelle plus vraiment son style, pourtant ce type a une facilité à dessiner qui est assez dingue, il sait suggérer les choses, il a une 'vision' de la planche qui marche très bien, avec les diagonales et tout le bazar... alors pourquoi ne pas aller plus loin dans l'explorations et l'expérimentation du trait et des aplats numériques ? Il en a tellement les moyens, et il a si bien vendu que je suis sûr qu'il pourrait prendre deux ans juste pour se consacrer à un projet plus expérimental. Revenir au pinceau sur papier aussi, ça pourrait être sympa. Dommage.
Bref, ça se lit bien mais on reste sur sa faim.