Ouh là. J'ai peu de mots. C'est très… viscéral…
Christine entretient une relation à distance avec Joshua. de son point de vue, Joshua est sous l'emprise d'une mère fanatique, une sorte de Margaret White doublée d'un syndrome de Münchausen par procuration.
Christine est également assez tordue puisqu'elle n'a des orgasmes qu'en voyant le sang et la souffrance. Mais l'oeil féministe de l'auteur ne prendra pas pour victime n'importe qui. D'ailleurs, Christine panique lorsque, pour la première fois, elle se retrouve devant une victime collatérale féminine : « Je ne sais pas quoi faire. C'est une fille, Joshua. » Rien d'autre, sous-entendu : tuer une fille, non.
Un jour, Christine n'a plus de nouvelles de son amoureux, qu'elle idéalise jusqu'à l'obsession. Elle descend une pente dans l'horreur et, après son escale de trancheuse, elle a enfin Joshua au téléphone et espère le rejoindre pour de vrai, pour la première fois…
Et là, le récit prend une tournure inattendue que je tairai, bande de petits curieux…
Si on peinait à s'attacher à James et Alyssa de The End of the Fucking World, ici, on s'attache vite à cette Christine vraiment bizarre mais touchante, prisonnière de ses pulsions sanglantes et de son amour obsessionnel. J'ai trouvé la BD beaucoup plus construite et riche que les deux précédentes que j'avais lues, et puis celle-ci nous fait l'honneur de la couleur. En même temps, un récit sanglant sans couleur ne renvoie pas la même impression. J'ai trouvé les dialogues bien plus prenants et intéressants.
D'une tristesse dérangeante, presque malaisante, Slasher raconte l'histoire de la solitude, de l'amour et de l'horreur.