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le 2 juin 2026
SuivreLe Grand Silence
Si l’on pensait retrouver Erica pour un 3e arc, c’est raté. James Tynion continue de jouer les archéologues et nous invite cette fois à creuser plus profondément dans les strates passées de son...
Si l’on pensait retrouver Erica pour un 3e arc, c’est raté. James Tynion continue de jouer les archéologues et nous invite cette fois à creuser plus profondément dans les strates passées de son histoire, en revenant sur la dernière chasse menée par Erica et sa tutrice, Jessica.
Cette dernière est au plus mal. L’alcool la ronge de plus en plus, au point de l’empêcher parfois d’accomplir son travail et de laisser à Erica le soin d'occire les monstres à sa place. On ressent alors toute la détresse de ces deux femmes. D’un côté, une enfant qui refuse de voir s’éloigner sa mère adoptive et se fait un sang d’encre pour elle (car une fois son premier monstre vaincu, il est de tradition de se faire offrir ses crocs, ce qui met un terme à son entraînement) ; de l’autre, une adulte en train sombrer, rongé par des visions passées, et qui aimerait épargner à sa jeune apprentie le spectacle de sa dernière danse.
Résultat : Tynion continue de placer ses pions avec une grande délicatesse. Il enchâsse même, au cœur de ce flashback, d’autres flashbacks, ceux de Jessica. Parce qu'elle est déjà venue dans cette station de ski lorsqu’elle était apprentie chasseuse, aux côtés de Cecilia et de leur mentor. Une histoire que la Loge semble avoir soigneusement tenue à l’écart des regards indiscrets. Mais que s’est-il réellement passé au sommet de ces montagnes ? La réponse attendra probablement le prochain épisode.
Pour un nouvel intermède, l’ambiance fonctionne pourtant à merveille. Impossible de ne pas penser à Shining devant cet hôtel enneigé perdu au milieu de nulle part. Certes, le récit prend son temps, mais le mystère imprègne chaque page et semble contaminer jusqu’aux dialogues les plus anodins. Quant à Erica, c’est toujours un plaisir de la retrouver ado. Cette dichotomie entre la gamine et la tueuse conserve quelque chose de profondément étrange et touchant.
Il faut également encore saluer le travail de Werther et du coloriste Miquel Muerto, qui livre ici l’une de ses plus belles prestations. Cette palette hivernale donne au volume une texture presque réconfortante, malgré l’angoisse qui couve sous la surface. La neige enveloppe tout d’un voile ouaté qui renforce encore davantage le sentiment d’isolement.
Une fois de plus, je comprends parfaitement pourquoi tant de studios se sont arraché les droits de la série. Son découpage, son sens du rythme et sa manière de construire ses arcs évoquent constamment une série télévisée. Tout est pensé pour nous donner envie de lancer l’épisode suivant.
En attendant, je crois bien que je vais aller jeter un œil aux derniers single issues parus aux States et, pourquoi pas, enfin me plonger dans House of Slaughter. L’univers continue de s’étendre, et je suis toujours aussi curieux de découvrir ce qui se cache derrière les rideaux de la Loge. Le prochain chapitre s'annonce riche en révélation et en tragédie.
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le 2 juin 2026
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