La face cachée de l'homme.
Tout au long de sa carrière, Osamu Tezuka a aimé alterner entre des séries, et ce qu'on pourrait appeler des nouvelles dans la littérature, à savoir des histoires assez courtes (environ 20 pages).
Ces quinze histoires, écrites et dessinées entre 1968 et 1970, reflètent quelque part la période contestataire qui régnait sur le Japon en même temps. De plus, Tezuka a écrit ces histoires pour le lectorat de ses débuts, ceux qui se le suivent depuis la fin des années 1940, et qui voulaient certainement quelque chose de plus mature, prouvant par la-même que l'auteur a toujours voulu rester dans le coup, malgré l'apparition de nouveaux auteurs à ce moment-là.
Une préface a été rajoutée pour cette édition française et résume très bien l'état d'esprit d'Osamu Tezuka à cette époque.
Ces seize histoires ont la particularité d'être toutes assez sombre, avec des fins tragiques, et où il se révèle que dans le pire, l'homme n'est jamais meilleur. Je retiendrais surtout les premiers récits, avec ce soldat SS qui pense échapper à une peine de mort, ou ce général qui cherche à entrer en contact avec la famille d'un soldat de couleur noir. Comme tout ouvrage avec tant d'histoires, certains sont inégales, mais ce qui m'a frappé à la lecture, ce sont les multiples déviances, voire tabous qu'on y voit, mais souvent répétées de manière systématique, à l'instar de l'inceste (au moins 3 histoires), la zoophilie (2 histoires) voire, et je ne connaissais pas ... la robophilie ! (un homme qui couche avec un robot et qui donne naissance à un enfant). Notons aussi que Osamu Tezuka se met lui-même en scène dans deux histoires aux accents de fantastique.
Le titre du livre provient surtout du dernier récit, se situant dans le futur et où deux poissons qui s'aiment (!) se réincarnent dans le futur en êtres humains en se jurant un amour éternel, où que l'on vit.
Bien que je ne recommanderais pas ce livre à tout le monde (ambiance très sombre, qui n'aide pas au moral), en plus du dessin toujours aussi particulier de Tezuka, mais ici dans une veine plus réaliste, Sous notre atmosphère reste très intéressant à lire. Ne serait-ce que pour y voir un talent d'écriture (les histoires font 20 pages, et pas un pet de gras, un modèle d'efficacité), et la talent de Tezkua pour ces histoires souvent très froides.