L’univers de Vampire Hunter D est assez unique en son genre. Situé à la croisée du western, de la science-fiction, de la dark fantasy, de l’horreur et de la mythologie vampirique, cette richesse lui confère un charme singulier, que l’on appréciera… ou non. Trop chargé pour certains, fascinant pour d’autres, il n’en demeure pas moins vaste.
Son exploration au fil des tomes constitue d’ailleurs l’un des principaux attraits du manga, à travers les aventures d’un héros qui repose beaucoup trop sur son seul charisme, et surtout sur les personnages bien plus intéressants qu’il rencontre au cours de son périple.
En effet, D, le personnage central, a beau être beau, mystérieux, ténébreux et surpuissant, son principal intérêt réside dans le mystère entourant ses origines — un mystère que le récit n’effleure que par petites touches, jamais vraiment satisfaisantes. On comprend assez vite que ce personnage sans expression, sans évolution ni attaches est condamné à rester une énigme ambulante, davantage conçu comme un prétexte pour explorer le monde et raconter les histoires de ceux qu’il croise, plutôt que comme un véritable moteur narratif.
Il ne s’agit donc pas d’un récit linéaire, mais d’un format épisodique à l’ancienne, porté par un héros figé dont l’invincibilité finit par annihiler toute forme de crainte quant à son destin et rendant ainsi les nombreux combats peu palpitants. La qualité des intrigues dépend alors essentiellement de l’intérêt des personnages rencontrés et de leurs motivations. Or, force est de constater que, bien que de nombreuses histoires reposent sur des schémas similaires : une femme en difficulté, D lui venant en aide, elle développe des sentiments non réciproques, un groupe d’antagonistes apparaît, le combat a lieu, D l’emporte… puis repart. Les intrigues parviennent généralement à se distinguer les unes des autres et conservent chacune un certain intérêt.
L’univers se développe progressivement et suscite une réelle curiosité, au point de donner envie d’en découvrir davantage. Il est donc regrettable que le manga se soit arrêté après seulement huit tomes.
Cela dit, l’œuvre n’est pas exempte de défauts. Le dessin possède un style bien marqué, auquel il faut s’habituer. Les personnages féminins sont souvent limités aux mêmes physiques et archétypes, les combats manquent parfois de lisibilité, et la narration souffre à l’occasion de transitions trop abruptes, pouvant faire perdre le fil.
Cependant, dans l'ensemble, j'ai plutôt apprécié ma lecture. Bien que je ne sois pas particulièrement amatrice de formats épisodiques, ce manga m’a permis de découvrir un univers riche et intrigant, que je relirai probablement.