VERMIS est un objet difficile à classer.
Ce n’est ni une bande dessinée, ni un roman illustré, ni vraiment un artbook, et c’est précisément ce qui fait, à mes yeux, son intérêt. C'est clairement une oeuvre /un média original et cela fait du bien.
Rassurez vous néanmoins, je trouve que si le format est atypique, nous ne sommes pas dans de l'originalité pour de l'originalité car, du moins pour moi, l’ensemble fonctionne avec une cohérence remarquable et produit une immersion immédiate.
En effet, dès les premières pages du premier volume, j’ai eu le sentiment d’entrer dans un univers à part.
Univers où l’esthétique est sombre, dense, presque archaïque, et où on y découvre des créatures, des lieux et des objets qui s’inscrivent clairement dans une tradition de fantasy / dark fantasy
Rassurez vous, si l’ensemble repose sur des bases familières, la manière dont ces éléments sont recomposés donne au livre une identité très particulière.
j'ai touvé que le chara design comme le design des environnements possèdent une cohérence et une force visuelle qui rendent l’exploration constamment stimulante. On avance dans un univers à la fois reconnaissable et pourtant suffisamment singulier pour rester mémorable.
Feuilleter Vermis m’a donné une sensation très particulière et agréable : celle d’explorer un jeu à la Elden Ring sous forme de livre.
C'est à dire évoluer dans un monde sombre et fragmentaire dont on devine les règles sans jamais qu’elles ne soient réellement expliquées.
Contrairement à ce que suggèrent certaines lectures, je n’ai jamais vraiment eu l’impression de feuilleter le guide d’un jeu vidéo imaginaire.
J’ai plutôt eu le sentiment inverse : celui d’être plongé directement dans le jeu lui-même. Le livre ne décrit pas un univers depuis l’extérieur ; il nous place à l’intérieur. On avance page après page comme on progresserait dans une exploration, sans mode d’emploi ni regard explicatif, simplement confronté à ce qui se présente.
Certaines critiques soulignent que l’œuvre peut être frustrante parce qu’elle ne donne pas toutes les réponses ni tout le contexte.
Je comprends que cette approche puisse dérouter.
Mais c’est précisément cet aspect que j’ai le plus apprécié.
Être plongé dans l’inconnu stimule l’imaginaire. Le livre ne cherche pas à combler les vides ; il les laisse ouverts, et c’est l’imagination du lecteur qui tente de les remplir.
Cette part d’incertitude donne à l’exploration une intensité particulière.
On ne se contente pas de découvrir un univers : on participe à sa reconstruction mentale.
J'ai adoré l'exercice. Ca a été une belle récréation mentale.
Moi qui apprécie les œuvres atypiques et sombres depuis plusieurs années. J'ai été très heureux de tomber par hasard sur Vermis.
C'est chouette malgré toutes ces années de tomber de temps en temps sur quelque chose de frais et original.
Je suivrai le reste de la collection avec attention.