Ce qui se passe dans ce film est particulièrement improbable. Était-ce l'idée de ne plus réaliser un Bond par la suite, encore moins avec Daniel Craig, qui a fait péter un câble à Sam Mendes? Ou bien était-ce le manque d'idée pour continuer en bonne forme la transformation, au moins physique, visuelle et de ton (on va pas trop parler de fond...Bond reste Bond) qui nous fait en arriver là?
Contrairement à Casino Royal et Skyfall, qui sont deux de mes block-busters...non deux de mes films préférés, je n'ai pas vraiment senti d'élégance particulière dans Spectre. Ni dans la mise en scène qui part dans les lourdeurs les plus ultimes du Bond de Pierce Brosnan (et je vais y revenir à la fin), ni dans le scénario, se voulant un mich-mach entre des choses aussi éloignées que les vilains à la Docteur No et les relations amoureuses intimes à la Casino Royal, ni réellement dans les scènes d'action que j'admettrais pas toujours des plus réussies dans l'exécution. Qu'on s'entende, Sam Mendes a toujours un œil d'or pour filmer Daniel Craig à la perfection et nous introduire aux décors de manière spectaculaire; la colorimétrie tente de nouvelles choses par rapport à Skyfall, plus de couleurs chaudes, notamment dans l'introduction en plan séquence (juste Daniel Craig qui marche sur un toit ça me vend plus de rêve que la séquence action qui suit). Seulement on sent que ça n'est pas au service du "bon" film.
À côté de ça, quand on finit par lâcher l'affaire, après qu'un ersatz de Requin parte avec "Merde" cartoonesque, le film reste relativement divertissant dans son n'importe quoi généralisé...et c'est déjà bien mieux que Quantum Of Solace qui m'avait réellement ennuyé au point qu'aujourd'hui je ne me souvienne d'absolument rien, si ce n'est la séquence d'introduction.
Au final, Spectre ressemble autant à ce qu'une tentative de "sérieux" aurait pu donner dans la saga de Brosnan, qu'à ce qu'une tentative de loufoque donne dans cette saga de Craig. C'est mi-figue mi-raisin. Les gadgets mongoles mais pas astronomiquement con (période Moore), les méchants qui ont des chats dans leur salle de torture, les punch-line moisies, les ennemis qui visent comme moi sans lunette avec du sable dans les yeux, Bond qui performent des tirs de haute précision en tirant à la hanche, les gros bras qui tuent des gars sans raison, et le tout avec une histoire d'amour qui se veut plus étoffée que dans le reste de la saga (proche d'un Casino Royal) l'esthétique à se damner de certains plans et une volonté de rendre encore une fois tout cela plus personnel, c'est tellement tous les James Bond à la fois et aucun en même temps que je ne sais pas trop quoi en faire.
Hmmm...je crois qu'au final, aussi pénible qu'ait pu m'être Quantum Of Solace en comparaison de celui-ci, j'aurais encore préféré que ce soit Spectre qui n'existe pas, histoire de boucler la période Craig sur Skyfall.
TL;DR "Meeehhhh"