Si le point de départ évoque des archétypes bien connus des anime sportifs, le film réussit néanmoins à éviter l’opposition simpliste entre talent inné et travail acharné au travers de la relation Togashi / Komiya.
100 Mètres préfère explorer les différentes manières de courir, à travers les dilemmes physiques comme mentaux, et fait le lien entre l’élan de l’adolescence et les premières désillusions de l’âge adulte.
Et c’est paradoxalement peut-être le principal défaut du film : face à des dilemmes pourtant complexes, les réponses apportées restent assez simplistes, les doutes des personnages se dissipant souvent après une simple discussion avec quelqu’un de plus expérimenté.
Si le scénario a ses faiblesses par contre l’animation impressionne du début à la fin. Le film est un véritable plaisir pour les yeux et se distingue par une grande liberté visuelle, avec des traits parfois bruts, des styles variés et une mise en scène inventive, allant jusqu’à raconter certaines courses uniquement par le son.
La course qui se termine sous la pluie, avec des cascades de traits gris qui envahissent l’écran est particulièrement marquante. Bien plus que n’importe quel dialogue, ces fulgurances stylistiques résument l’émotion presque spirituelle que le film cherche à transmettre.
Malgré son écriture qui manque parfois de nuance, 100 Mètres est un film sincère et audacieux. Il réussit grâce à son audace visuelle et son énergie créative à transcender les limites du simple récit sportif pour en faire une expérience marquante.