Kenji Iwaisawa est indiscutablement un futur grand nom de l'animation japonaise. Avec des mélanges de textures, d'aplats, de perspectives, de points de vue, voire littéralement de styles d'animation, le travail esthétique offert par 100 meters n'a que peu d'équivalent. On retiendra tout particulièrement ce plan-séquence de milieu de métrage, vrai petit chef-d'œuvre qui restera dans mon panthéon personnel d'animation.
Malheureusement, cette patte graphique extraordinaire paraît bien vaine, au service d'une telle misère thématique. On est sur un récit de shonen insipide au possible, qui empile tous les pires défauts du genre : une écriture bavarde et terriblement convenue, une narration qui s'éparpille dans tous les sens sans jamais prendre le temps de développer ses personnages, et un rythme absolument soporifique.
C'est assez dingue de voir à quel point le long-métrage ressemble à une ébauche inaboutie en termes de construction de récit. Pire, il semble lui-même conscient de n'avoir finalement pas grand-chose à développer, au sein de cet univers et de ces destins de personnages ultra balisés.
Beaucoup compare l'œuvre à Look Back, sans trop que je comprenne pourquoi. Fujimoto était bien plus pertinent dans son traitement des personnages, et il avait le bon goût de boucler ses enjeux en moins d'une heure. Ici, on enfonce des portes ouvertes pendant pas loin de 2h... et c'est à peu près tout.
Bref, une vraie expérience frustrante.
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