Raymond Depardon signe un ici un très beau documentaire, tant au point de vue de la substance que du coup de caméra.
Après 12 jours d'internement à l’hôpital psychiatrique, les malades doivent désormais passer devant le juge qui décidera de leur sortie ou de la prolongation de leur internement. De même, tous les malades de longue durée doivent repasser l'audition à intervalles réguliers.
La caméra est posée dans la salle d'audience, au sein de l’hôpital. Depardon nous présente une dizaine d’entretiens, que l'on aurai parfois envie de qualifier de 'procès'. La détresse se fait sentir de la même manière du coté des malades que du côté des juges. Le manque de naturel se fait sentir.
Les malades essaient tant bien que mal de montrer qu'ils vont mieux, de se justifier, de se déculpabilisés (à la manière de coupables, plus que de malades). Les juges essaient, pour leur part, de rester neutres, de ne laisser apparaitre sur leurs visages qu'une grande impartialité. Le spectateur est témoin du mal qu'ils ont à cacher leurs émotions face à des cas difficiles et à leurs discours agressifs ou poignants.
Les scènes d'audience sont entrecoupées de longs plans quasi-fixes au sein de l’hôpital, qui mettent en lumière la solitude des patients et l'inadaptation de certaines infrastructures au traitement de maladies psychiatriques.
Impossible de ne rien ressentir, donc, devant ce film aux questions intelligentes et aux réponses émouvantes.