Dommage de voir un tel résultat lorsqu'on avait à disposition une telle matière à traiter, de tel moyens et Roschdy Zem pour camper Mohamed Bida.
De multiples soucis empêchent le film de prendre, en premier lieu les dialogues tantôt clichés, tantôt hors propos, dont on subodore pourtant qu'ils sont inspirés de la réalité des évènements. Portés les prestations faiblardes de Christophe Montenez et Lyna Khoudry, on n'y croit pas une seconde. On pourrait ajouter que le montage de certaines scènes, notamment pendant les dialogues n'aide pas à rythmer l'ensemble et permettre la montée en tension. Pas de tension non plus lors de certaines scènes pourtant cruciales (hormis peut-être celle de la fouille du convoi), la faute à une utilisation souvent timide de la musique et encore à des choix de montage douteux, les moments forts étant chaque fois entrecoupés de scènes "tranches de vie" qui cassent le rythme et abaissent tout l'enjeu principal.
On ressort de ces scènes, voire de l'ensemble du film, avec la sensation que le Martin Bourboulon ne savait pas vraiment quoi raconter et quand, avec du remplissage intempestifs sous diverses formes (plan sur les réfugiés dans le canal répété une bonne quinzaine de fois sans évolution dans la narration, dialogue lourds, scènes sans développement narratif).
Dommage, il y avait matière à faire bien mieux.