1900 est une œuvre d'art cinématographique comme on en voit trop peu aujourd'hui. Les images parfois semblables à des tableaux (grâce notamment aux tons des couleurs) sont magnifiques. La direction artistique (décors et costumes) semblent irréprochables. Cette histoire s’étalant sur 45 ans est portée par une trinité d'acteur : De Niro (Alfredo), Depardieu (Olmo) et Donald Shuterland (Attila). La présence de Burt Lancaster dans le premier acte me rappelle évidemment les fresques de Visconti. Aussi comment être insensible à une bande originale signée Ennio Morricone ? J'ai lu qu'il ne fallait prendre ce film au premier degré comme un manifeste prolétaire. Avec le recul je reconnais qu'il y a dans ce récit de la nuance. Les personnages ont des zones d'ombres et évoluent dans un sens logique de l'histoire. Il y a des scènes de violences et de sexes très crues rapprochant les êtres humains des animaux. de Au-delà de ce qui semble être un long-métrage politique Novecento est bel et bien une fresque cinématographique poétique sur une période très douloureuse de l'Histoire de l'Italie. A certains égards elle préfigure Il était une fois en Amérique (1984 de Sergio Leone avec en plus De Niro) en raison de ses personnages vieillissant dans une époque de transitions.