Probablement un film que je n'apprécierais pas autant aujourd'hui si je devais le revoir mais qui m'a laissé une forte impression à sa découverte : j'avais adoré son ampleur de fresque opératique (le parcours d'une famille de propriétaires terriens et de leurs employés sur la première moitié du XXe siècle à travers les bouleversements de l'Italie, autour de deux garçons nés le même jour, l'un fils de patron et l'autre de métayer, qui tomberont amoureux de la même femme), les acteurs (De Niro, Depardieu, la merveilleuse Stefania Sandrelli, l'effrayant Donald Sutherland en fasciste de compète, Burt Lancaster, Sterling Hayden, Dominique Sanda, Alida Valli... n'en jetez plus), la BO absolument sublime de Morricone (top 5 ever du Maestro sans problème) et puis ce rapport au changement très Bertoluccien, avec un personnage, comme souvent dans ses films, qu'une certaine apathie empêche d'aller au bout de son semblant de conviction politique, ici De Niro, qui finira par prendre la succession de son père et rentrer dans le rang. Aujourd'hui ça doit probablement paraître un peu pompier, mais je préfère rester sur mon souvenir de romanesque traumatique à la violence très crue, et de temps assassin qui brise les amitiés et l'espoir d'un futur meilleur.