Film bruyant dans la trajectoire triomphale de Spielberg, 1941 transforme l’Amérique post-Pearl Harbor en farce hystérique. Le film ne raconte pas la guerre mais la panique qui se propage sans menace définie, jusqu’à faire exploser toute lisibilité. Gags convulsifs, intrigues proliférantes, corps et décors pulvérisés : le rire naît ici de la saturation. Spielberg refuse tout point d’ancrage moral et laisse le chaos envahir la mise en scène, au risque de perdre le contrôle de sa propre machine. Film épuisant, souvent déséquilibré, 1941 est le symptôme d’un blockbuster qui découvre soudain qu’il peut produire de l’angoisse plutôt que du réconfort, et d’un cinéaste confronté, pour la première fois, à l’excès de son propre pouvoir.