Le film que Steven Spielberg ne referait jamais. Netflix vient de le remettre en ligne, et franchement, personne ne s'y attendait.
Parce que ce film-là, c'est son seul vrai échec. Après les Dents de la mer et Rencontres du troisième type — deux triomphes absolus — Spielberg devient intouchable. Et là, il décide de faire une comédie. Une comédie de guerre. Sur la panique qui a suivi Pearl Harbor.
Le vrai problème, il est là : est-ce qu'un cinéaste qui vient de tout réussir a le droit de tout rater ? Parce qu'à sa sortie, 1941, c'est un bide. Un vrai. Le public ne rit pas, la critique démonte, Spielberg encaisse.
Alors qu'est-ce qui se passe vraiment dans ce film ? Si t'es abonné, tu sais que ces analyses reviennent chaque semaine — reste un peu, on décortique.
Los Angeles, quelques jours après Pearl Harbor. Un sous-marin japonais rôde au large. Et la ville entière devient hystérique. Ce n'est pas un film de guerre, c'est un film sur la peur de la guerre — sur ce que la panique fait à des gens normaux.
Le casting, lui, est dément. Belushi en pilote azimuté, Aykroyd, Christopher Lee en officier nazi, Toshirō Mifune en commandant de sous-marin. Ce n'est pas un film choral, c'est un carambolage organisé.
Et Spielberg filme ça comme un blockbuster : explosions, chorégraphies géantes, budget hors de contrôle. Sauf que la comédie, lui, il ne la maîtrise pas encore. Les gags s'empilent, la durée s'étire, le film finit par se noyer dans son propre chaos.
Résultat : un four commercial et critique en 1979. Mais avec le temps, quelque chose a changé. Ce que le public détestait à l'époque — le bordel, l'excès, le grand n'importe quoi assumé — c'est exactement ce qui lui vaut aujourd'hui son statut de film culte.
Alors la vraie question, c'est peut-être pas "est-ce que 1941 est un bon film". C'est : est-ce qu'un artiste a le droit de se planter en pleine gloire, pour qu'on lui pardonne tout, quarante ans plus tard ?
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