Je me souviens que quand j'ai découvert Rob Zombie avec The Devil's Reject, j'étais persuadé d'avoir affaire au digne héritier de Wes Craven, John Carpenter et Tobe Hopper réunis. J'espérais naïvement que tel Moise libérant le peuple juif des mains du pharaon, Rob Zombie allait redonner ses lettres de noblesse à un genre injustement assimilé à des jumpscares putassiers pour pucelle décérébrée. Ma foi en Rob Zombie avait été ébranlé avec "The Lords of Salem". Elle est désormais détruite après le visionnage de "31".
Pourtant, "31" commence bien. Le film débute sur une introduction à la Kill Bill. Avec un noir et blanc travaillé et un monologue débouchant fatalement à un excès de violence. Après ça, commence la présentation de ce que l'on imagine être les futures victimes d'un quelconque psychopathe. J'y ai retrouvé ce que j'aimais tant dans Devil's Reject. Une imagerie 70ies, des rednecks, un désert et des personnages poilus et rock & roll.
Puis en l'espace de 2 minute à peine, Rob Zombie nous balance un retournement de situation ultra-rapide à la "une nuit en enfer", mais en moins bien. La joyeuse bande se fait kidnapper par les Rappetout et sont emmené dans un endroit mystérieux ou des bourgeois échappé de Barry Lindon leur annoncent direct qu'il vont participer à un jeu macabre et pas original du tout à la "Saw".
"It was at this moment, I knew... he fucked up."
S'en suit alors pendant plus d'une heure, une série d'affrontement d'une répétitivité sans pareil contre des boogeyman tellement farfelus qu'on croirait des personnages de One Piece. Jugez plutôt : Un clown nain mexicano-nazi, des frères clowns à tronçonneuse et un danseur étoile germanique de deux mètre avec sa strip-teaseuse attitrée. Je ne sais pas si le coté "What the fuck" est volontaire ou pas. Rob Zombie a t-il voulu faire une comédie ou un film d'horreur ? Je vous avouerai que je ne sais toujours pas et de toute façon dans les deux cas, c'est complètement raté.
Et que dire des scènes de meurtres ? Des scènes pourtant cruciales avec un telle sujet ! J'ai rarement vu des scènes aussi illisibles. La caméra bouge dans tous les sens, et les plans ne dépasse pas la nano-seconde ! On entend juste des "Sprouch", des "Argh" et des "Krack Boum Hue" sans que l'on sache qui se fait dépecer.
Le film récupère un semblant d’intérêt avec l'arrivé de Doom-Head. Incontestablement le personnage le plus intéressant du film. Une sorte de mélange entre Trevor Phillips et le Joker. Ce dernier aurait même mérité d'être le personnage principal du film. Mais ça ne suffit pas pour rattraper une heure et demie de portnawak.
C'est dommage, car il y a plein de bonne chose dans "31". La photo, l'univers, la musique... Rob Zombie à une vraie patte d'auteur, mais il s'en sert pour faire de la merde. J’espérais qu'il soit l'hériter de Wes Craven. Mais il semble plutôt prendre la route d'un Robert Rodriguez... C'est fort regrettable...