N'est pas La Cité de la peur qui veut, et 38.5 Quai des Orfèvres l'a appris bien vite. On sauve quand même cette comédie de la chienlit de ce que la France peut produire chaque année de sombres catastrophes humoristiques (toujours avec les mêmes tronches sur fond bleu à titre jaune), par quelques idées de l'absurde qui marchent. Oui, "qui marchent". Parce qu'on n'a pas subi totalement, pour changer, cette comédie française, qui fonce tête baissée dans l'humour décalé sans même s'en cacher, et aurait certainement fait un très bon film si elle avait un peu plus construit son scénario, ses personnages, ses coupables, son dénouement final (trop évident). Car on repense à la scène du chef (Didier Bourdon, en mode automatique depuis un moment) qui s'étire longuement, avant de laisser la place à un cascadeur qui fait mille saltos à sa place (on a ri de la démesure de la scène, avec toujours Bourdon qui case quelques onomatopées, histoire de dire que c'est censé être lui qui fait les JO de Pékin de gym en pleine forêt... Oui, on assume : cette scène nous a eu). On trouve même qu'Artus (qui fait du Artus) n'est pas totalement incohérent dans l'ambiance comique du film (le médecin-légiste glauque à souhaits), mais vraiment, le film ne soigne pas son scénar', laissant le spectateur comprendre tout le final à la dixième minute du film, semant des gags un peu au petit bonheur, là où un mastodonte de l'absurde policier comme La Cité de la Peur (qu'il cite ouvertement, entre les cent autres films dont il assume de repomper les vannes : on vous le dit dès le générique d'ouverture, pas d'arnaque) revient à la charge jusqu'à ce que son gag soit à sec (et nos zygomatiques complètement douloureuses). Avec plus d'ambitions, plus de confiance en elle, cette comédie n'aurait pas été désagréable, tenant un sens du gag assez bon, mais n'assumant jamais de transformer l'essai dans l'absurdité. Les blagounettes, ça va deux minutes, faites-nous du Monty Python complètement taré. Seule la scène de "Dider Bourdon aux JO de Pékin" fait durer la scène de façon outrancière...et c'est la seule réussie. Un peu d'audace !