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Quand j'ai découvert Byousoku 5 centimeter, je ne connaissais pas le génie qui se cachait derrière. A savoir Makoto Shinkai. En furetant pour trouver quoi regarder, je suis donc tombé sur ce titre élégant et un synopsis qui promettait une histoire forte en émotion. Mais je ne m'attendais pas à tel degré de perfection.

Techniquement, de toute façon, Shinkai, c'est le meilleur. A forciori pour 5 cm par seconde, ou Garden of Words, que j'ai découvert plus tard. Que ce soit dans les longs métrages d'animation - pas forcément japonais, je parle en général - ou dans les animes, même si je ne suis pas un énorme consommateur de ces derniers, personne n'a réussi à se hisser au niveau du tout début de la cheville de Shinkai. Rien, ni personne. L'animation est d'une finesse incroyable, à couper le souffle.
Les musiques, composées par Tenmon, sont tout bonnement extraordinaires. Le END THEME est un thème puissant, fort en émotion, qu'on ne se lassera jamais d'écouter aprés avoir visionné au moins une fois le film.

Mais tous ces aspects techniques ne font pas tout.
L'histoire racontée par Shinkai n'est pas tellement originale. Elle est composée de 3 segments nous racontant cette histoire entre ce garçon et cette fille, d'abord presque ado, puis un peu plus vieux, au lycée, puis enfin adultes, qui sont tous importants à leur manière. Une histoire de distance, d'amour de jeunesse perdu qui s'évanouit avec le temps et l'éloignement, mais dont les sentiments persistent.
Pourquoi donc tant de gens, dont moi, sont tomber amoureux de ce film ? Une technique irréprochable ne fait pas tout, surtout quand l'histoire est belle, mais relativement convenue. La réponse vous saute aux yeux dés les premières minutes du film : Makoto Shinkai est un artiste sans égal qui parvient, à n'importe quel moment, sur n'importe quelle situation, à extraire toute la beauté et la poésie de quelque chose.
Une feuille de cerisier, un lancement de fusée, un ciel fantaisiste, un baiser, un train, la beauté, dans sa forme la plus simple, limpide et pure, nous est balancé à la gueule pendant 1 heure. D'autant que, si cette poésie magistrale peut sembler purement contemplative, il n'en est rien. Car les films de Shinkai ont tous une chose en commun : la majorité des éléments du film ont une signification. C'est d'ailleurs par ce billet que le réalisateur/scénariste d'exception communique avec nous, et rien d'autre. 5 cm par seconde ne sert pas son propos par les actes ou les répliques des personnages, mais par tout ce qui les entoure. Chaque élément à sa place, nous livrant son message, pour peu qu'on sache écouter.

Enfin, je vais répondre à un argument que je vois assez souvent employé par les détracteurs de Shinkai, que ce soit pour 5 centimètres par seconde, ou pour le reste de son œuvre : le film serait niais.
Je vais mettre les points sur les i, une bonne fois pour toute, NON, L'OEUVRE DE SHINKAI N'EST PAS NIAISE. Et j'en ai marre de voir ça. 90 % des gens associent une oeuvre parlant d'amour avec niaiserie. Si un film est poétique et romantique, alors c'est de la mièvrerie. Forcément, si on résonne comme ça, Shinkai est le roi de la guimauve. Mais ce n'est pas vrai. Le thème de l'amour et des sentiments n'est pas niais, c'est la façon dont on traite ce thème qui peut l'être. C'est vrai pour n'importe quel thème d'ailleurs. Ainsi, la romcom habituelle, c'est mièvre : une happy-end avec le baiser de fin, un long et beau discours du gars ( plus rarement, de la fille ) qui lui explique qu'il l'aime à la folie. Un léger travelling arrière montant vers le ciel, et rideau. Des répliques entendues cinquante fois. Ca, c'est niais. ça, c'est guimauve. Shinkai, ce n'est pas ça. Il dépeint les relations humaines avec simplicité, mais surtout, avec beaucoup de réalisme et de douceur. Mais vous ne trouverez jamais quelque chose de niais chez Shinkai. Ou alors peut-être vers Voyage Vers Agartha. Mais ce n'est pas grave dans ce cas précis, puisque le film ne traite pas d'amour.
Certains encore, disent que ses personnages sont plats, ou en tout cas, pas assez développés. Encore une fois, c'est n'importe quoi, et 5 centimètres par seconde en est un bon exemple : ils sont juste authentiques. Et évoluent souvent dans un cadre familier. Dans le film, le personnage principal prend le train. Et il attend. Vous, quand, vous prenez le train, le tram ou le bus, vous faites quelque chose de particulier ? Nan, vous attendez, en silence. Et vous pensez, dans votre tête. Bah la, c'est pareil. Si les personnages de Shinkai sont plats, alors nous le sommes tous. Ce qui est loin d'être le cas.
Je pense que ceci est dû au fait que beaucoup de gens sont habitués aux personnages excentriques et constamment en surenchère totale de réaction dés qu'il se passe le moindre truc, que l'on voit tout le temps ( ou presque, heureusement, il y a des exceptions ) dans les animes. Du coup, quand ils voient des personnages d'animation japonaise authentiques, forcément, ça contraste.

Pour résumer, l'oeuvre de Shinkai, et plus particulièrement 5 cm par seconde, se tient en 3 mots : beauté, poésie, et sincérité. Ce sont des mots trés souvent vidés de leur sens dans le cinéma ou la vie quotidienne, mais le génie de ce réalisateur/scénariste leur redonne leur signification, leur valeur et leur profondeur, avec sobriété. Comme si c'était facile. Voir 5 cm par seconde, c'est se taire, pendant 1 heure, et contempler. Et ressentir. Et applaudir.

Kousei
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes Top 10 Films, L'élégance des sentiments, ou classement des films du génie Shinkai et Les plus belles claques esthétiques

il y a 6 ans

18 j'aime

1 commentaire

5 centimètres par seconde
Dimitricycle
1

Je vais me mettre à dos les cent

J'espère que je ne vais pas m'aliéner trop de gens avec une critique aussi négative, mais là, devant la quasi-unanimité envers "5 centimètres par seconde", j'étais obligé (faut que les gens...

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il y a 11 ans

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5 centimètres par seconde
Garcia
3

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il y a 11 ans

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5 centimètres par seconde
SBoisse
8

L’homme qui aimait la fuite des trains et des amours mortes

Au désespoir de mes garçons, j’aime bien ce gars. Makoto Shinkai est le cinéaste des amours enfantines, des rencontres inabouties, des souvenirs douloureux. Le poète abuse d’admirables scènes...

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il y a 5 ans

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