5 Septembre
6.8
5 Septembre

Film de Tim Fehlbaum (2024)

Voir le film

On ne pourra pas retirer à September 5 son ambition plutôt réussie de nous présenter un making-of d’un moment historique tel qu’il sera perçu par le plus grand nombre. En nous confinant au sein de la régie d’une équipe de journalistes sportifs, Tim Fehlbaum fragmente l’information et met le spectateur dans le même état d’incertitude quant à la marche à suivre que ses personnages.


Se posent les questions éthiques du que peut-on et que doit-on montrer, quitte à mettre en péril les opérations militaires qui tentent d’extraire les otages du village olympique, le tout dans le contexte d’une Allemagne qui tente de redorer son image même pas trente ans après la Shoah. Interviennent aussi les problématiques techniques, celles d’une télévision encore loin de la mobilité et de l’instantanéité que nous connaissons aujourd’hui, qui forcent la cellule de crise improvisée à redoubler d’inventivité pour essayer de recoller les morceaux et les livrer sur les ondes, quitte à se compromettre sur un un coup de tête.


L’action y est tendue, l’immersion (aidée par l’usage prépondérant d’images d’archives du petit écran) bien menée, et les errements de la société de l’époque (machisme et autres xénophobies) tempèrent l’embûche du manichéisme.


Un film bien troussé qui vaut le coup d'œil.


Mais il y a un mais.

Car le contexte de sortie d’une telle œuvre n’est pas anodin. Un film que l’on titre September 5, alors que la désignation 7 Octobre est marquée au fer rouge dans l’actualité récente, sur un sujet commun. Qui occulte sciemment tout discours qui chercherait ne serait-ce qu’à essayer de comprendre les motivations de Septembre Noir (contrairement à Frankenheimer qui y allait pleinement dans Black Sunday). Je peux entendre que ce n’est pas le sujet, mais aller en ce sens alors que le génocide palestinien bat son plein relève au mieux de l’insouciance, au pire de l’exercice de propagande. J’ai envie de croire à la première hypothèse.


Et je pare d’avance les potentiels détracteurs de mon discours précautionneux en précisant qu’à aucun moment je ne fais l’apologie des actes terroriste d’hier et d’aujourd’hui, qu’à aucune moment je n’attaque le judaïsme, ne faisant pas l’amalgame entre les actions d’un état impérialiste aux méthodes inhumaines et une confession qui ne se délimite pas à celui-ci, mais qu’il existe un faisceau d’indices qui donnent au film une dimension au mieux douteuse dans ses intentions.


Frakkazak

Écrit par

Critique lue 9 fois

D'autres avis sur 5 Septembre

5 Septembre

5 Septembre

8

Behind_the_Mask

1472 critiques

Ethique et images

1972, 2015, 2023 : les ondes de l'histoire se propagent. Et 5 Septembre acquiert dès lors une résonance des plus particulières aujourd'hui encore.Mais 5 Septembre, c'est avant un thriller en vase...

le 6 févr. 2025

5 Septembre

5 Septembre

9

D-Styx

263 critiques

Les débuts du direct !

Chaque début d'année apporte son lot de belles découvertes et de petites surprises. Au mois de janvier l’année dernière, j’avais été marqué par La Vie rêvée de Miss Fran ainsi que Les Chambres...

le 4 févr. 2025

5 Septembre

5 Septembre

7

Yoshii

252 critiques

Flux continu

Alors que le Munich de Spielberg s’attachait à décrypter les enjeux politiques et diplomatiques de l’enlèvement de 10 athlètes israéliens lors des JO de Munich en 1972, 305 septembre3 lui oppose un...

le 6 févr. 2025

Du même critique

Hollow Knight

Hollow Knight

10

Frakkazak

824 critiques

Waky Hollow : La légende du scarabée sans âme

J'avais commencé une partie en début d'année, et avait lâché l'affaire par frustration, ayant perdu tous mes geos dans une zone que je trouvais imbuvable (Soul Sanctum) après 3-4h de jeu. Mais devant...

le 15 oct. 2019

Captain America: Brave New World

Captain America: Brave New World

2

Frakkazak

824 critiques

Mou, Moche et Puant

Il était couru d’avance que Brave New World serait une daube. De par la superhero fatigue qu’a instauré la firme de Mickey par l’amoncellement de produits formaté sur les dix-sept dernières années...

le 10 mars 2025

Assassin's Creed: Mirage

Assassin's Creed: Mirage

4

Frakkazak

824 critiques

Mi-rage, mi-désespoir, pleine vieillesse et ennui

Alors qu’à chaque nouvelle itération de la formule qui trône comme l’une des plus rentables pour la firme française depuis déjà quinze ans (c’est même rappelé en lançant le jeu, Ubisoft se la jouant...

le 10 oct. 2023