Les films sur le tennis sont rares, les bons encore plus. Il y avait donc une vraie attente me concernant pour « 5ème set », que ce soit le choix d'Alex Lutz pour le rôle principal mais surtout l'angle choisi pour traiter le scénario : un ancien grand espoir du tennis entamant (très probablement) sa dernière saison et un dernier Roland-Garros, non sans plusieurs obstacles à franchir avant le « vrai » premier tour. Sobre sans être austère, comptant très peu de musique, on a intérêt et même un certain plaisir à suivre ce personnage étrange, insaisissable, pas vraiment sympathique et pourtant attachant, séduisant.

Quentin Reynaud évite de verser dans l'explicatif, les grands discours : presque tout se passe dans la tête, et nul besoin d'exprimer littéralement ce qui se passe dans la tête de Thomas : nous le comprenons, le devinons. Finalement assez peu de scènes de matchs, filmés sans lyrisme mais avec précision, sécheresse, ce qui les rend plus intenses. Pourtant, sous ses airs assez froids, relations entre protagonistes et rôles secondaires compris, il y a quelque chose de plus profond qui tend : la fin d'une carrière et donc d'une « vie », l'incertitude du lendemain, une forme de déni à voir tout ça s'arrêter alors qu'au fond, son glorieux (et très court) passé est fini depuis des années, s'accrochant à ce dernier pour une seule et unique raison : la passion.

Dans ce rôle vraiment pas évident, Alex Lutz séduit, mais c'est surtout le final qui résonne dans nos têtes longuement après la fin du générique : rendu étonnamment crédible, intense, fort en émotions et en rebondissements, on aurait presque envie que celui-ci ne s'arrête jamais tant nous passons par toutes les émotions une quinzaine de minutes durant : un beau moment de cinéma, se concluant de façon très intelligente, si pertinente qu'il ne nous laisse même pas le temps d'être vraiment frustré. Un bon film, donc, dépouillé de quasiment tout artifice romanesque pour traiter avec talent d'un sport à mon sens beaucoup trop peu médiatisé : set... à voir.

Caine78
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le 18 août 2022

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