Une production qui respecte assez bien le contrat : la narration est bien ficelée, pas mal rythmée, le spectateur est vite pris, même s'il paraît difficile d'aborder plus en détail un tel événement en si peu de temps (ce qui se ressent, le film tente d'approfondir son sujet sans pouvoir vraiment le faire). Parfois, les films s'éternisent, ce n'est pas le cas de 6 Days et pour le coup c'est un peu dommage. Au final, on n'en ressort pas beaucoup avancé parce qu'on n'y apprend pas grand chose. Pour peu qu'on connaisse vaguement l'histoire, on connait déjà l'issue du film et on en attend donc un peu plus qu'un simple établissement des faits.
Le profil des personnages principaux - entre trois et quatre personnes qui représentent différents corps de métiers - est vite brossé de manière assez superficielle : Max Vernon représente la police, c'est un pacifiste avec une vie bien rangée et une famille qui l'attend à la maison ; Rusty Firmin représente l'armée, il est visiblement encore tout neuf mais plein de qualités sur le terrain, même si son comportement (seulement rapporté, jamais montré à l'écran) ne lui attire pas l'approbation de tous ses supérieurs ; Salim représente les preneurs d'otage, son intérêt premier n'est pas de massacrer des civils mais d'obtenir la libération de ses camarades retenus en Iran mais son insistance à la discussion plutôt qu'à l'exécution de ses menaces remet en question sa position de chef du groupe ; quant à Kate Adie qui représente la presse, c'est définitivement le personnage le plus transparent du film, dont on ne saura absolument rien (sa scène la plus personnelle consiste probablement à engloutir un sandwich dans sa voiture). D'ailleurs, on est en droit de se demander si c'est cette absence de profondeur du personnage qui fait délivrer à Abbie Cornish une performance tout aussi transparente, certes elle maîtrise parfaitement la diction particulière du reporter mais, pour le reste, on reste affreusement sur notre faim - ce qui m'a fait longuement hésiter avant de la considérer comme un personnage principal. Le reste du casting fait du bon boulot, aucun doute là dessus.
6 Days reste un film qui se laisse regarder et sait immerger le spectateur, malgré quelques grosses ficelles utilisées ici et là. Sans grandes attentes, on ressort globalement satisfait. Cela dit, on ne peut s'empêcher de se demander si, avec une vingtaine de minutes supplémentaires, il n'y aurait pas eu moyen d'approfondir un peu plus que ce soit la personnalité de quelques uns - en particulier Kate Adie - ou même la cause de la prise d'otage, historiquement très vite oubliée après l'intervention et à peine évoquée à l'écran. 20 minutes de plus, le tout pour un résultat total de moins de 2 heures, ça ne paraît pas de trop.