C’est le premier mot qui me vient à l’esprit une fois le générique terminé. Pourtant, le film partait très bien.
Techniquement, on a une ambiance assez bien travaillée, avec un éclairage impeccable et une bande-son qui s’intègre parfaitement au récit. On retrouve quelques idées de mise en scène sympathiques pour renforcer l’inconfort que l’on ressent lors des scènes dans l’appartement du protagoniste.
En parlant du protagoniste, parlons de la trame du film. On suit un personnage dans sa lente descente aux enfers, plutôt réaliste dans la première partie. Un pauvre gars qui investit tout dans un appartement, lequel se révèle problématique à cause de ses voisins et des nuisances sonores : c’est un pitch intéressant, qui parlera sûrement à certaines personnes. On finit même par s’attacher à ce personnage, en se disant qu’il ne mérite pas toute cette avalanche de malchance qui lui tombe sur le coin de la bouche.
Cependant, une fois la deuxième partie amorcée, tout s’accélère... et malheureusement, le scénario ne suit plus. Le film enchaîne les twists et retournements sans saveur, saupoudrés de décisions prises par notre protagoniste, de plus en plus absurdes. À tel point qu’on en vient à se dire qu’il a peut-être mérité ce qui lui arrive, finalement.
Les personnages, au départ plutôt bien écrits, deviennent tous aussi subtils qu’un monster truck qui crache des flammes (quand ils ne disparaissent pas purement et simplement). Les méchants sont très méchants, sans aucune nuance — et ce n’est pas forcément un problème... à condition qu’ils soient bien écrits. Mais ici, non. On a même droit au cliché du méchant qui explique avec fierté son plan et où se cache ce qui pourrait le mettre en danger. On souffle…
Le film se perd dans ce qu’il veut dénoncer, et traîne en longueur. Dommage, parce que ça dessert complètement son propos. On sort de la séance frustré, avec un goût d’amertume, en se disant qu’on aurait pu voir un bon film.