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Astérix aux Jeux olympiques par pierrick_D_

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Le jeune gaulois Alafolix est amoureux d'une jolie princesse grecque,et réciproquement.Mais la belle est promise à Brutus,le fils de l'empereur romain Jules César qui domine à peu près toute l'Europe.Le père de la charmante enfant décide que celui des deux prétendants qui remportera les Jeux Olympiques sera l'heureux élu,oubliant apparemment qu'il se pourrait que ni l'un ni l'autre ne gagne.Alafolix,pas sportif du tout,se pointe donc à Olympie flanqué de ses amis Astérix et Obélix.Il sera évidemment vainqueur,au terme de péripéties remarquablement stupides.Cette troisième des quatre adaptations live des BD de René Goscinny et Albert Uderzo,inspirée de l'album éponyme,n'est assurément pas la meilleure.Elle est principalement l'oeuvre de Thomas Langmann,ex acteur devenu producteur et fils de Claude Berri,qui,outre la production,se charge ici de coécrire et coréaliser.Pour le scénario,il s'est adjoint le concours du chevronné Olivier Dazat et du duo de brêles composé d'Alexandre Charlot et Franck Magnier,réalisateurs des infâmes "Imogène Mac Carthery" et "Boule et Bill".Quant à la mise en scène,il l'assure avec Frédéric Forestier,dont il avait produit "Le boulet" en 2002,comédie minable mais très successfull dans laquelle émargeaient déjà certains acteurs visibles dans cet "Astérix aux JO" comme Benoît Poelvoorde,José Garcia et Jamel Debbouze.Forestier et Langmann seront de nouveau associés à la réalisation de "Stars 80" en 2012.Les adaptations hors dessin animé de bandes dessinées sont rarement des réussites et,si les deux premiers "Astérix" tenaient à peu près la route,celui-ci se résume à une suite de sketches généralement pas drôles vaguement reliés par une intrigue d'histoire amoureuse sans intérêt.Cependant,l'humour fonctionne parfois,comme dans la scène où le lutteur romain massacre ses adversaires ou dans la plupart des apparitions de Brutus,clairement le personnage le plus attrayant du film.Mais les auteurs se reposent surtout sur la technique,d'autant que des moyens financiers colossaux ont été mis en oeuvre et que l'argent dégouline de tous les coins de l'écran.La photo de Thierry Arbogast,le chef op de Besson,est flamboyante tandis que les effets spéciaux signés "les Versaillais" sont ultra performants.Du coup,ce n'est pas passionnant mais c'est joli à regarder.Pour le reste,ce qui passe bien dans les planches d'une BD peine à convaincre avec des personnages et des décors "réels",aussi luxueux soient-ils.Tout ceci apparait finalement assez puéril et idiot,faute d'une écriture suffisamment travaillée.Un point important est quand même soulevé à travers l'utilisation du dopage dans le sport.Les gaulois se pointent munis de leur fameuse potion magique qui leur permet d'écraser la concurrence,du moins jusqu'à ce que leurs rivaux contestent la validité de leurs victoires et que les romains n'usent également de produits illicites.Ce sont là des thématiques très actuelles,qui ouvrent en outre des questionnements relatifs aux intentions de Goscinny et Uderzo.Les aventures d'Astérix sont largement perçues comme des célébrations de l'esprit français,rebelle,insoumis ,astucieux et débrouillard mais,à bien y réfléchir,on peut aussi penser qu'il s'agit de brocarder un peuple de truqueurs incapables de vaincre autrement qu'en trichant.En effet,si le village gaulois "résiste encore et toujours à l'envahisseur",ce n'est pas grâce au courage et à l'intelligence de ses habitants mais tout bonnement grâce à un produit miracle qui les rend invincibles.La distribution est une véritable orgie de stars qui,pas dirigées,s'en sortent avec des fortunes diverses.Clovis Cornillac,qui coiffe pour la première fois le casque d'Astérix,est transparent et ne fait preuve ni du talent ni du charisme qui auraient pu faire oublier son prédécesseur Christian Clavier.Gérard Depardieu ne force pas et ronronne gentiment dans l'emploi d'Obélix qu'il occupe pour la troisième fois.Le québécois Stéphane Rousseau sombre totalement et épouse parfaitement l'insignifiance d'Alafolix.Jean-Pierre Cassel passe inaperçu en druide Panoramix alors que Franck Dubosc campe le barde Assurancetourix de façon amusante même si on aurait pu nous éviter la référence niaise à "Camping":"alors,on n'attend pas Assurancetourix?".Un autre musicien qu'on veut empêcher de chanter à cause de sa nullité est incarné par Francis Lalanne,ce qui est bien vu.Sim tient là son dernier rôle,il mourra en 2009,celui du vieillard Agecanonix qu'il jouait dans le premier "Astérix" live en 99.Sa jeune épouse est le mannequin tchèque Adriana Karembeu,magnifique créature mais piètre actrice.L'humoriste Eric Thomas,révélé il y a bien longtemps par l'émission télé "La classe",dans laquelle il était le comique du Sud-Ouest de service,ne donne aucun relief au chef Abraracourcix.La grosse attraction du film est la présence d'Alain Delon,devenu très rare au cinéma,en Jules César.Son auto-parodie de mégalo absolu tourne à vide,tout comme les multiples auto-citations bébêtes des oeuvres qui ont marqué sa carrière.En revanche Benoît Poelvoorde arrache comme d'habitude tout sur son passage et accomplit une performance monstrueuse dans la peau de ce salopard irrécupérable qu'est Brutus.La vraie raison de voir le film,c'est lui.Alexandre Astier fait de savoureuses apparitions,d'autant plus succulentes sachant qu'il allait réaliser en 2014 et 2018 deux "Astérix" en animation.José Garcia n'a qu'un petit rôle qu'il valorise au maximum grâce à sa vis comica,tout comme l'espagnol Santiago Segura,très connu Outre-Pyrénées,notamment pour le personnage de Torrente,flic déjanté qu'il a interprété dans quatre films.Le champion de kickboxing reconverti dans la comédie Jérôme Le Banner est excellent en athlète romain et impressionnant physiquement.Il y a encore l'animateur de Canal+ Mouloud Achour,l'humoriste et présentateur TV Mustapha El Atrassi,un Jean-Pierre Castaldi furtif qui jouait un autre personnage dans le film de Zidi en 99,un Bouli Lanners en roue libre et décevant,tout comme Jamel Debbouze,qui retrouve le personnage de Numerobis qu'il jouait dans "Mission Cléopâtre",alors qu'Elie Semoun est drôlatique en juge olympique corrompu.Dans des participations sans intérêt surgissent Arsène Mosca,Vincent Moscato,Stéphane De Groodt,le chanteur Dany Brillant,le cinéaste Rachid Bouchareb,surtout connu pour "Indigènes",ou l'espagnole Monica Cruz,petite soeur de Penelope et vedette de la série "Un,dos,tres".Signalons enfin les caméos aussi stupides qu'inutiles de stars du sport,qui rendent les scènes finales aussi pénibles qu'interminables, telles que le footballeur Zinedine Zidane,le pilote auto Michael Schumacher,cinq ans avant son grave accident de ski,l'ancien patron de Ferrari Jean Todt,le basketteur Tony Parker et la tenniswoman Amélie Mauresmo.

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