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Madame est servie est vraiment une traduction pourrie du titre original américain (Who's the boss) qui porte la contradiction entre la place de chef patriarcalement admise de l'homme attribuée ce coup ci à Madame, qui non seulement est la source de revenue du foyer, mais aussi l'employeur de l'homme de maison. Avec tout le coté cucul la praline que comportait la série, il se trouve qu'elle véhiculait une image résolument moderne de la famille pas si facilement acceptée, encore de nos jours. Ce qui n'empêche que la situation était inimaginable en 1960.

A la maison, c'est un peu la même situation sauf que je ne suis pas employé par ma femme. Malgré une vie de couple extrêmement modérée par la concertation, il m'arrive de prendre une décision. C'est ainsi que ma femme mime Angela Bowers en lâchant un "Oh Tony" impliquant obligatoirement le titre original de la série dans la discussion et la place premium accordée par la société aux héros du quotidien qui travaillent sans relâche et font fonctionner la machine au détriment des chasseurs-cueilleurs et de l'habitat naturel.

Qu'on se le dise, le héros, puisqu'il est admis en tant que tel par ses pairs, n'est que le héraut proclamant la puissance de l'ordre établi, un réac. Prenons exemple du banal pompier qui va héroïquement sauver une famille monoparentale des flammes au 5 ème étage d'une résidence par encore déclassée, il est le garant du mode de vie imposé à cette famille qui n'aurait jamais connu pareil incendie dans une grotte raisonnablement aménagée (les meubles agglomérés s'embrasant jusqu'à 10 fois plus vite) en lui assurant une relative sécurité. Ainsi, on peut acheter des voitures et rouler vite, mettre son trésor à la banque, opérer des OPA d'envergure, maltraiter ses employés, il y a toujours un chevalier servant, un shérif, ou un agent d'assurance pour conforter nos actions faites dans le sens du libéralisme.

Et c'est toujours dans ce sens que s’établit Endgame. Depuis la victoire de Thanos, décroissant de l'extrême, plus de chômage, l'économie spéculative est en berne et les poissons repeuplent l'océan. A part la double entité Hulk/Bruce Banner qui s'est lancé dans le zen, les pseudo divinités dépriment sec de leur inactivité autant que de leur inutilité jusqu'à ce que la possibilité de rétablir les rapports de force ancestraux survienne.

Y a pas suer, le retour de l'ancien monde est formidablement orchestré, l'allegro, l'adagio, le molto vivace et le presto reviennent tour à tour compiler toutes les longues heures perdues dans des salles obscures à philosopher sur le statut de super héros, à doser l'humour plus ou moins fonctionnel, à représenter toutes les minorités, à décrypter la notion de courage et surtout à se bagarrer, le plus souvent, contre des vilains pourris. Débarrassé de tous les petits tracas se devant de faire partie d'un film de "sups", l'action s'enchaine sans répit le long de ces trois heures et je dois avouer que je me suis laissé voguer dans les époques, su apprécier quelques flash-back savoureux, me suis laisser attendrir par l'entretien entre les deux Stark et que je me suis retrouvé en mode "over the top" après le simili changement de dimension à la X-OR.

Si la possibilité que les combats d'Infinity War soient mieux que ceux qui nous concernent est réelle, on ne peut négliger l'impact de ces derniers pendant ce dernier acte. Chacun ayant déjà pris sa branlée, c'est un peu plus humble qu'ils remettent le couvert pour un résultat finalement semblable. C'est donc plus que bienvenue quand le Dr Strange ouvre les passages permettant non seulement la plus grande réunion Marvel déjà vue, mais en apaisant les dissensions apparues le long des 20 et quelques épisodes.

C'est la lutte finale..., le genre humain contre des tera bits de méchanceté. Comme tout le monde, je suis un peu usé de ce procédé un peu trop invasif qu'on voit arriver avec ses gros sabots en se disant "encore" de la même manière que l'on voyait arriver une scène de sexe à l'orée des années 90 dans un film policier. Dans le cas ici présent, j'admets la mention "passable plus" grâce au grand nombre de super personnages qui ont chacun leur petit coup de projecteur tout en restant centré sur Thanos qui semble toujours invincible. Bien sûr tout le film, je comptais sur Captain Marvel pour venir dépatouiller la situation et c'est une bonne chose qu'on ne l'attende plus quand elle arrive. Toujours est il qu'une scène inédite se crée à ce moment, quand tous les hommes sont à terre, les femmes envahissent l'écran dans un rush dévastateur chez l'ennemi et chez les spectateurs, car qui aurait pu imaginer un telle scène à l'époque de Madame est servie? Hein?

Maintenant que tout le monde à joué son petit rôle, fini de rigoler. Dans une phrase lapidaire, la même qui ouvert le MCU, la boucle se referme sur Thanos et les siens nous projetant tous dans l'ancien monde, celui où toutes les femmes miment Angela Bowers en lâchant un "Oh Tony".

Fini les baleines dans l'Hudson. Dans Infinity Wars, Thanos pris son répit dans de verts alpages où on imaginait un village hobbit à quelques encablures. Ici, c'est dans la même position qu'il entame son ultime repos dans un décor de désolation. Laissant à l'humain et tous ses représentants le loisir de détruire le monde par lui même

Vous l'avez compris, si l'aspect politique du film n'incite pas le monde à évoluer (roulez en Audi), j'admets le spectacle total proposé et reconnais la réussite du projet de série énorme malgré des bas criants de certains épisodes. De ce fait, j'accorde la plus grosse note possible en rappelant que c'est du jamais vu et que cela correspond carrément à l'idée farfelue que je me faisais d'un film de super héros quand j'étais môme, que je regardais Madame est servie sur un antique poste de télévision pour éviter de regarder le 20h avec mes vieux. Le 20h, celui qui rappelle sans cesse qu'il faut bien travailler à l'école pour ne pas se retrouver en marge de la société et que la société c'est bien, quand y en a pas, y a des guerres et tatati et tatata... Le 20h, le super héraut de l'ordre établi

Toshiba
10
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