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La représentation d'une résistance pas spécialement cinématographique à un ordre inique permet à Captive State d'hameçonner le chaland en attente de projections réalistes plutôt qu'héroïques. Grâce à ce seul élément la séance paraît bizarrement décalée au départ malgré la trivialité de l'univers dépeint. C'est un monde désespérant où le pouvoir ne laisse pas grand chose et où seul le pire est envisageable – même si on en connaît pas les noms ni les nuances. Ce sera tout le problème : heureux les indifférents, ils ne perdront pas leur temps à espérer un sérieux développement.
La mise en contexte est fluette, le passé tient en deux lignes, le présent est fait de grands mots. Les acteurs sont irréprochables, leurs attitudes et agissements vraisemblables, leurs personnages évanescents ; après qu'ils se soient maximalement exposés, il n'y a déjà plus que des sorties à guetter. La seule apparition un peu mémorable est celle de John Goodman car il est désenflé, à contre-emploi. Le réalisateur revendique l'inspiration de Melville et de La bataille d'Alger et de telles références soulignent la vocation atypique de son film, mais le niveau d'exclusion de ses pions est une caricature de ces derniers. Même si le mode choral ne doit être qu'un moyen il ne peut pas arriver à l'écran si décharné, avec une intrigue et des démonstrations déjà diffuses (mais pas confuses).
La mise en scène par le biais des mouchards et caméra de surveillance, la capacité à aligner de la belle image régulièrement, participent au relatif crédit de l'ouvrage. Avec cette ambiance il arrive tout juste à la moyenne. Captive State ressemble à un milieu de film ou de série tout le long – ou une moitié de film incluant un milieu et la synthèse du début. On voit du grabuge mais laconiquement et plus souvent il nous est suggéré. À partir de la séquence du stade Captive State perd de son intérêt. Manifestement il n'est pas doté de l'envie ou des moyens de décoller en terme de scénario comme de spectacle ; d'en indiquer le dessein, oui tout de même. Ça ne fait que renforcer la sensation de gâchis léger.
Pourtant il évite les lourdeurs et les niaiseries rapportées tellement servies ailleurs. C'est davantage un film de niche, quelconque et superficiel alors qu'il souhaitait secouer son genre, lui donner une face plus grave, humaine et secrètement optimiste. Comme série B divertissante et résonnante, il est trop anecdotique ; préférez Upgrade. Comme film engagé passablement abstrait il s'efface d'emblée derrière Premier contact ou Daybreakers. Quant à la réforme du genre tout en absorbant les codes, District 9 et le reste de Blomkamp est mieux qualifié – cette originalité du ton étant son plus grand mérite.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films avec des extraterrestres, Le Classement Intégral de Zogarok, Les meilleurs films avec John Goodman, Les meilleurs films dystopiques et Les films les plus attendus de 2019
Créée
le 14 juil. 2019
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