Enfin le dernier coup de cravache dans l'eau...

Avis sur Cinquante nuances plus claires

Avatar Sébastien Decocq
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Je ne pensais pas revenir m’occuper de critiques après cette pause censée être définitive. Déjà d’une part parce que, je le reconnais, cela me manquait de déblatérer sur les films en général. De partager mon avis sur telle ou telle œuvre. Et de l’autre parce que certains titres méritent amplement que l’on s’y attarde pleinement. Est-ce le cas de Cinquante nuances plus claires ? Il est sûr que pour une reprise, ce n’était pas forcément le long-métrage le plus adapté… Mais bon, autant revenir avec un film à descendre ! Histoire de se refaire la main et de clôturer une trilogie qui m’aura bien amusé en termes d’écriture corrosive. Alors vous, qui me suivez depuis déjà quelques temps, j’espère que vous apprécierez ce retour !

Cinquante nuances, Cinquante nuances… Parfois, je me demande pourquoi je me suis dit qu’une fois que je commençais une saga, je devais la terminer même si cette dernière me rebutait. Avec ce pari en tête, des navets et autres bousaces, j’en ai vu : Twilight, des suites innommables de films d’horreur (Massacre à la Tronçonneuse, Halloween, Vendredi 13…), les Resident Evil de Paul W.S. Anderson… Et malheureusement, la liste s’agrandit avec la trilogie Grey. Une série adaptée du soit disant phénomène littéraire qui avait émoustillé les ménagères et qui avait commencé sa carrière cinématographique avec un premier opus juste oubliable. Une espèce d’épisode ultra luxueux de la Série rose qui se voulait érotique sans pour autant l’être. La faute revenant principalement au manque d’alchimie de son couple vedette, au manque de mise en scène (et donc de véritable tension sexuelle) et à un scénario crétin comme pas possible (reprenant les grandes lignes du livre, c’est pour dire). Un film néanmoins « sauvé » par la réalisatrice Sam Taylor-Wood (Nowhere Boy) qui, consciente de ce qu’elle avait entre les mains, avait pris cela à la légère et racontait cette histoire avec une certaine pointe de moquerie. Un fait qui, malheureusement, incita l’auteure du livre à prendre les rênes et nommer un remplaçant à la réalisation (James Foley, yes man issu du milieu télévisuel) et au scénario (son propre mari, Niall Leonard). Donnant ainsi un second opus bien plus fade et idiot que son prédécesseur, à la limite de l’indigeste. Mais qu’importe pour Universal Pictures : chaque épisode est un succès commercial non négligeable (les deux films ayant rapporté près de 900 millions de dollars à travers le monde). Pour le studio, aucune raison de ne pas poursuivre la (més)aventure et de finir avec le troisième et dernier volet de cette saga, final d’une bien trop longue séance de masochisme malvenue.

Et si vous pensiez que je viens de perdre mon temps avec ce paragraphe en guise de topo, c’est tout simplement parce que je n’ai rien à ajouter au sujet de Cinquante nuances plus claires, tant le produit ressemble en tout point aux précédents. Je conseille même de vous reporter sur leur critique respective pour en savoir plus. Mis à part un climax en forme de thriller qui rehausse légèrement notre attention vis-à-vis de l’intrigue, le métrage reste au même niveau que du second opus. À savoir un simili film érotique qui accumule les séquences de sauterie sans que celles-ci ne titillent notre libido. Qui se révèle être incroyablement vide question mise en scène. Qui propose un casting totalement désintéressé. Qui montre que des grands noms hollywoodiens continuent de vivre de nos jours en « se prostituant » dans des projets qui ne leur sont pas dignes : l’actrice Kim Basinger (qui apparait le temps de deux plans de quelques secondes, c’est pour dire !), le compositeur Danny Elfman (ses musiques, pour le coup inexistantes, noyées sous une playlist pop interchangeable)… Qui continue de mettre en avant l’imbécilité de l’histoire et de ses personnages. Bref, c’est encore une fois la même perte de temps que Cinquante nuances plus sombres, qui se permet même, après seulement trois ans d’existence, de terminer par un moment nostalgique. Un montage final qui balance à la figure du spectateur la plupart des séquences de la saga. Si les grandes sagas peuvent se prêter à ce genre d’artifice pour attendrir les fans (Twilight en est le parfait exemple, même si là encore c’était maladroit), celle-ci est bien trop courte et oubliable pour se permettre une telle prétention. D’autant plus qu’ici, la nostalgie est diablement forcée, sortie de nulle part. Comme si l’équipe du film ne savait pas comment terminer l’ensemble, au risque de prendre les gens pour des abrutis à la mémoire vacillante.

Mais fort heureusement, la torture vient de prendre fin en cette année 2018 ! La saga érotique qui manquant cruellement de coups de cravache se clôture de manière aussi fadasse et inintéressante que son commencement. Une plaie cinématographique qui aura tout de même su contenter les responsables d’Universal avec sa réussite lucrative (et ce malgré les critiques assassines) et les fans de la première heure. Mais le cauchemar est-il fini pour autant ? Je crains fort que non, le monde hollywoodien nous réservant encore bien d’autres titres de cet acabit dans les années à venir et qui me tarde déjà de descendre pour mon plus grand plaisir masochiste. Du moment que personne ne daigne adapter la suite de la saga d’E.L. James (les mêmes livres, mais cette fois-ci du point de vue du personnage de Christian Grey, intitulés Grey et Darker)… Quoique désormais, tout est possible !

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