In the musicals, nothing dreadful ever happens.

Avis sur Dancer in the Dark

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Après la claque infligée par Dogville, il fallait que je vois le reste de la filmographie de Lars von Trier, et avec un film ayant reçu la Palme d'Or je ne prenais pas trop le risque d'être déçu. Et il faut dire que Dancer in the Dark place la barre haut.

Pour commencer, demander à Björk d'incarner le personnage principal, c'est une sacrée bonne idée. C'est une des rares artistes dont j'aime l'intégralité des albums et elle possède une façon de chanter unique. Et admettons que vous n'aimez pas ce qu'elle fait et mettons de côté l'aspect musical, et bien il reste la personne. Sans être un prix de beauté, Björk possède un charme fou, une énergie fulgurante, une joie de vivre. Voir le personnage de Selma s'émerveiller parce qu'elle fait partie de la chorale locale et en même temps rester digne face à ses problèmes, c'est juste beau. La relation qu'elle partage avec le personnage de Kathy (Catherine Deneuve, qui n'a plus rien à prouver depuis longtemps) est également vraie et pleine de tendresse.

Les passages musicaux sont justifiés dans le film : Selma, devenant progressivement aveugle, imagine le monde dans sa tête sous forme de comédie musicale. Cela aidera peut être ceux qui n'aiment pas voir les personnages pousser la chansonnette sans raison à franchir le pas, d'autant plus que les chansons ne sont pas nombreuses. On pourrait presque parler d'intermèdes, de transitions entre les moments clés du scénario. Ces scènes sont bien filmées mais possèdent quelque chose de dérangeant (en matière de mise en scène). Peut être que cela vient du positionnement des caméras et de l'absence de plans longs... Les chansons possèdent quelque chose de brut, cela est probablement dû au fait que l'héroïne se base sur les bruits environnants (les machines de l'usine par exemple) pour s'échapper dans ses rêveries.

Cet élément reviendra d'ailleurs à la fin dans une scène bouleversante où Selma est écrasée par le silence et ne peut plus chanter.

On échappera pas à la dureté caractéristique des films de Lars von Trier dans la seconde moitié, où il montre encore une fois toute la veulerie de l'homme. Toutefois, le sentiment d'injustice a moins fonctionné que dans Dogville, je trouve que l'on s'attache plus à Grace qu'à Selma.

Le réalisateur mélange habillement les genres. On passe de la réalité terne à l'imagination colorée de l'héroïne sans que de réelle cassure soit faite. On pourrait presque dire que Dancer in the Dark initie un nouveau genre, le drame musical.

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